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Liste des Monuments et Sites protégés à Anderlecht
Responsable communal :
Monuments et Sites
Direction régionale :
Direction des Monuments et Sites
Vous pouvez consulter la liste des Monuments et Sites
protégés à Anderlecht sur le site
Internet de la Direction des Monuments et Sites de la Région
de Bruxelles-Capitale.
Collégiale des Saints
Pierre et Guidon
Adresse : Place de la Vaillance
La Collégiale des Saints Pierre et Guidon, monument
classé (par un arrêté royal de 1938), possède
des témoignages essentiels de l'architecture romane et gothique.
La présence de la famille seigneuriale Aa, installée au
centre du village, la fondation d'un chapitre de chanoines et le culte
dédié à Saint-Guidon ont certainement contribué,
à la construction de cet important édifice religieux.
On suppose quil existait une première paroisse à Anderlecht
au Xe-XIe siècle.
Léglise romane
La fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle voient
donc s'ériger une imposante église romane dédiée
à Saint-Pierre.
Son plan était fort proche de l'église gothique actuelle.
Le fait que des éléments de l'ancien édifice roman
aient été conservés prouve que la collégiale
romane ne fut pas détruite d'un coup, mais au fur et à mesure
de la reconstruction de style gothique.
Ainsi, la tour romane subsiste jusqu'au début du XVIe siècle,
date à laquelle l'architecte Keldermans entame les travaux de reconstruction
de la nouvelle tour.
Parmi les vestiges de la collégiale romane, il y a la crypte qui
est dans un bon état de conservation.
La crypte romane
On accède à la crypte par des escaliers situés de
part et d'autre de l'entrée du chur. Ces escaliers ont été
aménagés à la fin du XIXe siècle, lors de
la restauration de la collégiale menée par l'architecte
Van Ysendijck.
L'existence d'anciennes portes d'entrée au pied des deux petites
nefs extrêmes semble indiquer que la crypte a pu servir d'église.
Les quatre colonnes centrales de la crypte sont de couleur rosée,
posées la tête en bas, abîmées par une longue
exposition aux intempéries. Elles proviendraient, pour certaines
dentre elles du moins d'une villa romaine.
Elles forment un carré au centre de la crypte.
Une pierre tombale souvent désignée comme le "tombeau
de Saint-Guidon" a été placée entre deux de
ces colonnes.
Le tombeau de Saint-Guidon
Une dalle trapézoïdale en pierre bleue, située dans
la crypte, est habituellement désignée comme le tombeau
de Saint-Guidon. On la date habituellement du XIe siècle. On y
distingue clairement une longue branche garnie de quatre feuilles. Elle
ne porte aucun signe chrétien ni aucune représentation humaine.
Les supports sur lesquels la dalle est posée laissent un étroit
passage libre par lequel, rapporte la tradition, les pèlerins se
glissaient pour que leurs vux et prières soient exaucés
par le saint. Il sagissait d'une sorte de rite de passage dont l'usure
des pierres semble attester d'une longue pratique.
La crypte renferme une statue en bois de Saint-Guidon, grandeur nature,
datée du XVIIIe siècle. Cette statue surmontait autrefois
la source de Saint-Guidon, située au bas de la rue de l'Institut
et dont les eaux sont désormais détournées.
Dans la crypte, deux autels rustiques en pierre blanche ont été
descellés des murs formant angle avec le chur et posés
au sol, ce qui a d'ailleurs permis de remettre à nu des pierres
romanes, sous les enduits et cimentages de la fin du XIXe siècle.
La construction de la collégiale gothique
(1350-1527)
La collégiale romane va subir une véritable métamorphose,
principalement aux XVe et XVIe siècles, résultat de plusieurs
campagnes de reconstruction.
L'édifice gothique, tel que nous pouvons l'observer de nos jours,
date donc pour l'essentiel de la période bourguignonne et a été
bâti en forme de croix latine.
L'élément gothique le plus ancien actuellement observable
est le porche latéral sud (1350). La fin du XIVe siècle
et le début du XVe siècle voient se développer une
vaste campagne de reconstruction dont datent les trois nefs et la chapelle
de Notre-Dame de Grâce, achevée aux alentours de 1400.
Le transept roman est profondément modifié à la même
époque, ses murs épais renferment toutefois encore des pans
entiers de l'ancienne collégiale romane.
Des renseignements d'archives confirment qu'en février 1469, le
chapitre prend la décision de démolir le chur roman
et de procéder immédiatement à sa reconstruction.
Ces travaux sont entrepris sous la direction de Henri de Mol et à
son décès sous celle de Jean van Ruysbroeck.
Si le chur de la collégiale est si allongé, c'est
parce qu'il devait abriter les douze chanoines du Chapitre assis dans
leurs "stalles".
La chapelle des fonds baptismaux est édifiée entre 1487
et 1505.
C'est l'architecte Mathieu Keldermans, auteur des plans de l'hôtel
de ville de Louvain, qui va diriger les travaux de construction de la
tour.
L'étude des marques des tailleurs de pierre a révélé
que cette tour a été érigée en trois phases,
de 1506 à 1545.
La flèche de pierre de style "néo-gothique" (dont
la couronne n'est pas d'époque) ne sera édifiée qu'à
la fin du XIXe siècle, d'après les dessins de Jules Jacques
Van Ysendyck, architecte de la Maison communale dAnderlecht, et
sera inaugurée le 19 septembre 1898.
Les restaurations de la collégiale aux XIXe
et XXe siècles
C'est à partir de 1843-44 qu'on commence à restaurer l'église
sous la houlette de l'architecte Suys. Les travaux se limitent à
une rénovation extérieure du bâtiment et s'achèvent
en 1857.
A partir de 1879, Jules Jacques Van Ysendyck entreprend de très
importants travaux d'aménagement autour de l'église qui
vont considérablement abaisser le niveau du sol extérieur
et des voiries aux abords de la collégiale.
Ces travaux, conjugués à la construction de la flèche
en 1898, ont entraîné un très sérieux tassement
du côté Nord de la tour.
Les travaux de restauration qui ont débuté en 1994 (pour
prendre fin en 1997) ont permis de stabiliser et nettoyer cette tour.
Un éclairage a été mis en place dans le but de la
mettre en valeur.
Les peintures murales
Au cours des travaux de restauration effectués à l'intérieur
de l'église, dès la fin du XIXe siècle, des traces
de nombreuses peintures murales ont été mises au jour.
La collégiale d'Anderlecht possède d'ailleurs l'ensemble
le plus important de peintures murales de la région bruxelloise,
qui remonte aux XVe-XVIe siècle.
Elles ont été réalisées au coup par coup,
en grande partie grâce aux chanoines, certains artistes faisant
figurer dans leurs uvres les chanoines donateurs avec leurs armoiries.
Leur état actuel nécessite des travaux de restauration urgents.
On peut citer :
- dans le bras le bras gauche de la nef des peintures représentant
le martyre de Saint-Erasme, le martyre de Sainte-Wilgeforte et Saint-Guidon
- dans le bras gauche du transept des peintures représentant
le Jugement dernier, Saint-Christophe et la peinture de la sainte et
du chevalier
- dans le bras droit du transept une peinture qui évoque la Transfiguration
et une petite représentation de Guidon pèlerin
- dans la chapelle Notre-Dame de Grâce des peintures murales ayant
trait à la légende de Saint-Guidon.
Les vitraux
Les vitraux du chur
Le grand vitrail à gauche du chur est le plus ancien vitrail
de la collégiale d'Anderlecht, et date du dernier quart du XVe
siècle. Il représente la Vierge tenant lenfant Jésus,
encadrée du donateur et de son patron à gauche, et dun
autre saint à droite.
L'influence de la peinture flamande y est très nette, la Vierge
ressemblant à celle d'un tableau de Hugo van der Goes. L'importance
et le réalisme du visage du donateur, le rendu des étoffes
et de leurs plis, la grande qualité du fond de décor architectural
(un décor d'église avec des fenêtres romanes et des
voûtes gothiques) rapprochent aussi ce vitrail des techniques de
la peinture flamande.
Il s'agit d'une des plus anciennes verrières en place en Belgique.
Trois couleurs sont largement dominantes : le bleu et le rouge, utilisés
en alternance dans la partie principale, et le vert émeraude des
parties hautes.
En face, la verrière dite de l'Intercession date du deuxième
quart du XVIe siècle. La composition est centrée sur le
donateur, sans doute un chanoine du chapitre qui adresse sa prière
à Saint-Pierre, patron de la collégiale. La Vierge et le
Christ font également partie de la composition.
Ce vitrail s'apparente à la Renaissance et non au gothique : les
plis des vêtements sont rendus avec plus de rondeur et des éléments
décoratifs propres à la Renaissance sont présents.
Les autres vitraux du chur sont "néo-gothiques",
attribués aux ateliers de Samuel Coucke et de Jules Dobbelaere.
Ils datent de fin XIXe début XXe.
Ces vitraux du chur de la collégiale ont été
restaurés (en 2000-2002). Les spécialistes chargés
de la restauration ont également opté pour la pose dun
vitrage extérieur qui protège les vitraux de la pollution,
des conditions climatiques mais aussi du vandalisme.
Les autres vitraux de la collégiale
Les vitraux au-dessus des portails du transept proviennent de l'atelier
gantois de Camille Ganton et datent de 1929. Ganton se détache
du néo-gothique par des personnages plus stylisés et une
utilisation plus décorative des couleurs. A gauche, il y a la montée
au ciel de Marie ; à droite, le Christ entouré des saints
et des anges.
Le vitrail au-dessus du porche d'entrée, beaucoup plus moderne,
est dû à Michel Martens, un créateur contemporain
de vitraux en Belgique. Il date de 1970.
Les pierres tombales et monument funéraires
La collégiale des saints Pierre et Guidon conserve, dans le chur,
deux monuments funéraires qui ont été érigés
à la mémoire des seigneurs de Walcourt, héritiers
de l'ancienne maison Aa.
A gauche du chur se trouve le mausolée de Jean de Walcourt
qui participa, le 17 août 1356, à la bataille de Scheut livrée
par le comte de Flandres aux Bruxellois afin de s'emparer de la ville.
Il décéda quelques années plus tard, en 1362.
Taillé dans un marbre noir, le tombeau de Jean de Walcourt se présente
sous la forme d'un gisant complètement armé.
C'est un mausolée d'un grand intérêt historique par
les détails qu'il donne du costume militaire au XIVe siècle,
où l'on observe la transition entre le costume avec la maille qui
domine et l'armure de plein fer du XVe siècle.
De l'autre côté du chur se trouve le mausolée
d'Arnold de Hornes, seigneur de Gaasbeek et patron du chapitre d'Anderlecht
en qualité de seigneur de Walcourt.
L'uvre, de style Renaissance et parfois attribuée au sculpteur
Jean Mone, a été exécutée pendant le second
tiers du XVIe siècle, comme l'indique le costume du personnage
et les ornements qui l'entourent.
Le transept Nord (à gauche du chur) conserve trois bas-reliefs
intéressants.
Le plus ancien surmonte l'épitaphe du chanoine et médecin
de Philippe le Bon, Albert Ditmar, décédé en 1438.
Le bas-relief se distingue par la vérité des physionomies
et par la beauté des draperies d'étoffes épaisses
aux plis harmonieux et profonds. Il s'agit d'un chef-d'uvre de l'art
gothique.
Non loin du monument Ditmar se trouve une autre sculpture funéraire
où l'on voit le Christ en croix rencontrant la Vierge.
L'uvre date de 1597. Elle est encore gothique par les architectures
de style flamboyant qui l'entourent et le réalisme des personnages.
Le troisième bas-relief frappe par sa petite taille et la richesse
de son ornementation, caractéristique de l'italianisme triomphant.
Il s'agit du monument à la mémoire de Barthold de Barthoulz,
décédé à l'âge de 13 ans, en 1532.
On compte encore 96 pierres tombales du 15 au XVIIIe siècle, dont
la plupart sont consacrées à des chanoines.
Les plus belles d'entre elles ont trouvé refuge contre les murs
de la chapelle des fonds baptismaux. Les pierres qui y sont conservées
témoignent de l'arrivée des bruxellois fortunés qui
se fixèrent à Anderlecht par l'entremise du chapitre et
qui y établirent leur sépulture.
Saint-Guidon
La
"Vie de Saint-Guidon" ou "Vita Guidonis" a été
rédigée plus d'un siècle après sa mort.
Guidon serait né, dans la seconde moitié du Xe siècle,
dans une famille de paysans. D'abord engagé comme ouvrier agricole,
il devient sacristain de l'église Notre-Dame de Laeken. Désireux
de gagner de l'argent, il se laisse tenter par un marchand bruxellois
pour se livrer au commerce, mais son bateau s'étant échoué
sur un banc de sable de la Senne, il y vit un signe de Dieu et renonça
à cette carrière pour revenir à Laeken.
Gagné par le goût du voyage, il se décide à
partir pour Rome, Jérusalem et d'autres lieux de pèlerinage.
Pendant sept ans, il visite les églises les plus célèbres
du monde.
Repassant par Rome, il y rencontre Wonédulphe, doyen du chapitre
d'Anderlecht et ses compagnons et, ensemble, ils décident de visiter
Jérusalem.
Sur la route du retour de la patrie, Wonédulphe et ses amis décèdent
et Guidon doit tous les enterrer. Wonédulphe le charge d'annoncer
sa mort aux siens et de leur remettre son anneau d'or en confirmation
de la triste nouvelle.
Exténué de fatigue et épuisé, Guidon parvient
à Anderlecht dans la maison du vice-doyen où il meurt de
dysenterie le 12 septembre 1012.On ignore l'endroit exact où Guidon
fut enterré, mais sans doute était-ce au cimetière
entourant l'église.
L'oubli s'installe très vite autour du pauvre pèlerin et
ce jusquà la rédaction de la Vita Guidonis, par un
chanoine anonyme, au début du XIIe siècle.
Aujourdhui, Saint-Guidon fait partie intégrante de la vie
anderlechtoise. La collégiale qui porte son nom domine le centre
historique dAnderlecht, sa représentation orne les armoiries
communales, il est le personnage central dune procession
annuelle et détermine, en quelque sorte, la date du
marché annuel.

Centre historique
La place de la Vaillance
Au
cours des cent dernières années, le visage du centre historique
(ou rinck) d'Anderlecht a considérablement évolué.
Lors des travaux d'aménagement autour de la collégiale menés
sous la conduite de l'architecte Jules Jacques Van Ysendijck à
la fin du XIXe siècle, on a supprimé le cimetière,
afin d'élargir le parvis, on a abaissé le sol extérieur
pour permettre l'établissement d'un trottoir et on a relié
le rinck à la rue d'Aumale, récemment ouverte.
Le 8 mai 1911, le conseil communal adopte un plan de lotissement qui prévoit
que "les façades à ériger place de la Plaine
devront s'inspirer des styles des XVIe au XVIIIe siècle, de façon
à éviter une trop grande discordance avec celui de l'église
Saint-Pierre. En outre, toutes les façades seront établies
en matériaux apparents et devront avoir un caractère architectural
indiscutable dont la Commune se réserve expressément et
exclusivement l'appréciation".
Dès 1912, des maisons "pastiches" campent fièrement
leurs pignons baroques "chantournés" ou flamands "à
gradins" sur la place de la Plaine.
Une seconde vague de lotissement (de 1923 à 1928) fait suite à
un réaménagement de l'espace public qui voit s'ériger
le Monument aux Héros de guerre de Victor Voets, inauguré
le 28 mai 1922.
La place de la Plaine est officiellement débaptisée au profit
de "Place de la Vaillance" le 22 septembre 1922.
Danciennes bâtisses remontant à la fin du XVIIIe siècle
exploitées comme cafés-brasseries, «les Tréteaux
» et « t Paviljoen » ont subsisté. A langle
de la place et de la rue du Chapitre se trouve une très ancienne
bâtisse (1700) qui a longtemps servi d auberge et qui appartient
au centre communautaire De Rinck.
L'ancienne propriété Vandenpeereboom
Adresse : Place de la Vaillance, 17
Cest en 1890 que Jules Vandenpeereboom, Ministre des Chemins de
Fer, des Postes et Télégraphes, achète une propriété
située place de la Vaillance, face au parvis de la collégiale,
sur laquelle était établie une maison de chanoine datant
du XVIe siècle.
Il la fait bientôt abattre pour y édifier, sur les plans
de larchitecte François Malfait une nouvelle construction
qui restitue parfaitement le caractère du XVIe siècle.
L'habitation et la vieille cour pavée ont été conservées
ainsi que lancien puits doù partait jadis un passage
secret (qui subsiste encore en partie), surmonté dune belle
ferronnerie dart, copie dune uvre conservée au
Musée de Cluny à Paris.
A sa mort, survenue en 1917, le Ministre dEtat avait prévu
de léguer sa propriété et ses collections à
lEtat, à la condition que la maison reste accessible au public.
Les collections dobjets dart furent éparpillées
entre les Musées du Cinquantenaire, labbaye de la Cambre,
le musée de la Porte de Hal et la maison dErasme, dont le
mobilier provient en grande partie de la collection Vandenpeereboom. LEtat
respecta louverture au public de la demeure qui, en 1924, accueillit
la Commission des Archives de lArmée.
La propriété vint aux mains du Ministère de la Culture
flamande qui, après lavoir restauré, y établit
une école des Beaux-Arts toujours en activité.
La rue Porselein
Ce nest quen 1850 que le nom de « Porceleynstraat »
apparaît.
Lorigine de cette dénomination est encore contestée,
mais lhypothèse la plus admise est quil sagit
dune allusion au pourpier (« postelein » en néerlandais),
une plante à petites feuilles charnues dont une espèce a
été cultivée comme légume.
Pendants très longtemps, cette petite rue était désigné
non pas par un nom mais par litinéraire quil empruntait
(« straetken gaende van de kercke naar de Hooghstraete »).
Certaines façades de la rue Porselein se sont prêtées
à linitiative " Poésie-Cité " produite
par " Hypothésarts ", qui vise à faire
de la rue un lieu dexposition permanente.
Peintres et poètes y sont représentés en interprétation
libre.
Le numéro 15 est un hommage au peintre Miro, sur des textes de
Jacques Prévert, alors que le 28 reproduit des uvres de Picasso.
Dautres maisons sont baptisées " Louke et vrake vos
" (le n°26), " petit maître nageux " (le n°24),
" In t kotje ", qui accueille dailleurs des expositions
de peinture (le n°5), " le tué (n°18) " en référence
à une démolition, ou encore " Les 4 démons "
(le n°17), orné dun masque de faune sur le mur de soubassement
du jardinet avant.
La Justice de Paix
Adresse : Place de la Résistance, 3
La place de la Résistance offre lun des
plus monumentaux édifices publics dAnderlecht : la Justice
de Paix.
Limportance industrielle et économique prise par la Commune
à la fin du XIXe siècle lui vaut dêtre désignée
par la loi du 27 mai 1890 comme chef-lieu de canton de justice de paix.
Cest en 1893 que larchitecte Louis Ernest SJonghers
(1866-1931) dresse les plans de ce superbe bâtiment.
Il ne se limite pas aux aspects architecturaux, mais dessine aussi les
lanternes, léclairage intérieur, tous les meubles
et la décoration interne.
La salle daudience à létage est un chef duvre
de la décoration dintérieur de cette fin du XIXe siècle
en région bruxelloise. Elle présente notamment un remarquable
plafond à entrevous soutenu par des poutrelles en acier élégamment
ornementées et est pourvue de tout un mobilier significatif du
décorum propre aux sentences marginales.
De grands vitraux décorent les baies du premier étage.

Quartier de Cureghem
Le toponyme de «Cureghem» désigne, depuis les 12-XIIIes
siècles, toute la partie orientale de la Commune, soit environ
350 hectares, actuellement compris entre le chemin de fer de ceinture
et le territoire de la ville de Bruxelles.
Cest incontestablement, la présence de la Senne qui conditionne
les premiers facteurs du développement économique à
Cureghem.
Aux premiers moulins à eau du XIIIe siècle succèdent,
à partir de la fin du XVIIIe siècle, les premières
teintureries; filatures, tissanderies, blanchisseries et imprimeries dindiennes
qui sinstallent le long de la rivière, assez loin de la ville,
recherchant de lespace suffisant et une eau en abondance.
Leau sert à laver les matières premières (laine
et coton), à teindre et rincer les tissus. Létendue
et lespace sont nécessaires pour sécher et blanchir
les toiles.
La préexistence de ces premières manufactures installées
le long de la Senne ne fera que servir de terreau à un développement
industriel beaucoup plus important dès le moment où, en
1842, labattoir de la ville de Bruxelles est construit le long du
boulevard de la Ceinture (à lemplacement actuel de lInstitut
des Arts et Métiers).
En effet, labattoir de Bruxelles, et 50 ans plus tard celui dAnderlecht,
engendre dans ses environs une filière très complète
de transformation : tanneries, mégisseries maroquineries, ganteries,
fabriques de bougies, usines de préparation de poils pour chapellerie,
fabriques de chapeaux,...
A partir de 1859, les autorités communales dAnderlecht décident
de créer un quartier bourgeois à Cureghem.
Ce nest donc pas un hasard si cest à Cureghem que sont
construits les principaux édifices administratifs (lHôtel
communal), économiques et culturels dAnderlecht, processus
qui est couronné par lédification du quartier de la
nouvelle Ecole vétérinaire de lEtat à partir
de 1896.
A la fin du XIXe siècle, Cureghem est plus important, plus peuplé,
plus productif que la zone du « Rinck », centre historique
dAnderlecht, dont les environs immédiats sont encore semi-ruraux
et dont la liaison directe avec Bruxelles via la rue Wayez nest
acquise quen 1878.
Du point de vue de la conservation du patrimoine architectural, Cureghem
est le réservoir le plus riche dAnderlecht : ses rues, ses
avenues et boulevards nous offrent un panel complet des courants darchitecture
qui ont traversé le XIXe siècle et le début du XXe
siècle.
En 1840, à la suite de nombreuses campagnes de restauration dédifices
gothiques, se développe le style néogothique (la
« boutique culturelle » 16, rue Van Lint et le 66 boulevard
de la Révision).
Pendant les quarante dernières années du XIXe siècle,
le style largement dominant est léclectisme (les rues
de Fiennes, Van Lint, Moreau et le boulevard de la Révision)
Vers 1870 apparaît larchitecture néo-Renaissance
flamande, en marge de léclectisme, à la recherche
dun style « national » (rue de la Clinique, 102-110).
En 1893, cest au tour de lart nouveau de séclater
sur les façades bourgeoises. Né dune contestation
spontanée du répertoire sclérosé de la fin
du 19éme siècle, il se veut un art total, avec une très
nette volonté de rupture avec le passé (rue van Lint 5-7-9
et rue Rossini 6-10-12).
Lart déco est issu dune tendance à la
simplification des formes et à la stylisation des ornements, il
s'exprime surtout au tournant des années 20 (rue du Chapeau,
17, square de lAviation).
Le fonctionnalisme, qui sexprime particulièrement
dans les années30, fait usage des rotondes dangle,
des façades blanches des ailes couvertes de terrasses, des plateaux
organisés autour de puits (limmeuble- paquebot de la rue
Jorez 21-23).
Mémorial national des Martyrs juifs
Adresse : square des Martyrs juifs
Un concours public avait été organisé pour la construction du Mémorial national des Martyrs juifs.
Il fut remporté par l'architecte montois André Godart qui assura l'édification du monument entre 1968 et 1970. L'ensemble, qui peut être utilisé comme une synagogue à ciel ouvert, est entouré de murs en béton couverts de plaques commémoratives en granit noir sur lesquelles furent gravés les noms des 24.600 martyrs juifs répertoriés. La forme générale du monument constitue une référence implicite à la symbolique et au culte juifs. Elle présente une structure en acier sommitale, des inscriptions en hébreu, en français, en néerlandais et en yiddish que l'on peut lire près de l'entrée et un motif mural réalisé en chaînes d'acier qui a l'apparence d'une ménorah.

Abattoirs
Adresse : rue Ropsy-Chaudron, 24
Le
12 mai 1888 est fondée la société anonyme des «Abattoirs
et Marchés dAnderlecht-Cureghem ».
La première étape consiste à détourner le
cours de la petite Senne et à réaliser dénormes
remblais qui permettent dassécher lensemble des prairies
marécageuses situées entre la rivière et le canal.
La nature du terrain impose la mise en uvre dimportantes fondations.
Profitant de la nécessité de descendre les fondations de
la grande halle couverte jusquà plus de 4 mètres de
profondeur pour asseoir convenable lédifice, la société
fait réaliser une énorme cave.
Un système de ventilation assure le renouvellement de lair
dans cette gigantesque cave à lorigine à usage de
glacière ensuite de champignonnière avant dêtre
aménagée, en 1992, en salons
commerciaux et salles de réception pour banquets.
La grande halle couverte des abattoirs, de même que le bâtiment
administratif à droite de lentrée principale et une
partie de la rue des Etables sont dus à Emile Tirou.
Clôturant la perspective de la rue Heyvaert, le marché couvert
est un des monuments industriels les plus remarquables de la région
bruxelloise.
Labattoir dAnderlecht est conçu comme une «ville
dans la ville » avec ses rues (la rue des Etables), sa place (la
cour pavée), son monument (la grande halle), ses blocs de bâtiments
(frigorifère, échaudoirs, bâtiment administratif),
ses lieux de chalandise et de loisirs (échoppes, auberge,...) et
sa gare.
Le dossier définitif pour la construction de la halle précise
que 218 tonnes de fonte et 640 tonnes de fer seront mises en uvre.
La halle est souvent présentée comme une uvre révolutionnaire
de larchitecture industrielle.
Elle présente un plan carré de 100 mètres de côté
planté dune véritable forêt de colonnes en fonte
(une tous les 10 mètres) sur les chapiteaux desquelles vient reposer
la charpente métallique en forme darc.
Lentrée actuelle des abattoirs est réalisée
par Rieck en 1901.
Le rôle de la grille daccès et des portiques surmontés
des taureaux est très symbolique : il montre au public que lon
se retrouve dans un lieu ouvert à tous, mais dont la réalisation
est le fruit de capitaux privés.
Les deux taureaux de bronze sont apparentés à la grande
tradition de la sculpture animalière du XIXe siècle, issu
dAntoine Braye, et sont certainement, avec la halle métallique,
des repères très utiles qui signalent la présence
des abattoirs depuis la rue.
Les installations du nouvel abattoir de Cureghem sont inaugurées
officiellement le 24 août 1890. La polémique avec labattoir
de Bruxelles se poursuit jusquà la fermeture définitive
de celui-ci en 1943.
Vu le succès de labattoir de Cureghem, la Commune marque
un intérêt pour en reprendre la gestion, ce qui est acquis
par un arrêté royal du 19 décembre 1920.
Dès 1920, les abattoirs et marchés sont exploités
en régie communale, avec plus ou moins de succès.
En 1953, le raccordement ferroviaire est supprimé du fait de la
concurrence du transport par route et des camions frigorifiques, mais
aussi parce que la reconstruction du pont ferroviaire endommagé
par la guerre est trop onéreuse.
En 1996, labattoir se voit retirer son cachet à lexportation,
ce qui entraîne un tassement très net de ses activités.
Suite au déficit annuel de plus de 100 millions de francs à
charge du budget communal, la Commune dAnderlecht cède le
site, le 9 novembre 1983, à une nouvelle société
qui regroupe 150 négociants et abatteurs.
Depuis lors, de nouvelles installations ultramodernes et des travaux de
modernisation ont permis à labattoir de récupérer
le sceau à lexportation et de redéployer ses activités.

Hôtel communal
Adresse : Place du Conseil, 1
Historique
Lhôtel communal dAnderlecht est un bâtiment conçu
par larchitecte Jules Jacques Van Ysendyck (1836 - 1901) dans un
des styles les plus caractéristiques de léclectisme,
appelé aujourdhui néo-renaissance flamande.
Van Ysendyck éleva encore à Anderlecht lécole
communale de la rue Wayez en 1880 et en 1898, il fut chargé de
la restauration de la collégiale Saints Pierre et Guidon à
laquelle il adjoignit une flèche néogothique. Il est aussi
lauteur des hôtels communaux de Schaerbeek et de Jette.
Sis à front de la place du Conseil, dans laxe de la rue de
Fiennes, lhôtel communal sinscrit comme le centre de
convergence des principales artères sur le plan urbanistique tracé
pour le développement du faubourg de Cureghem par la Société
Immobilière de Cureghem.
Il fut élevé de 1877 à 1879 et classé en 1995.
Sa décoration est due à Charles-Albert, qui uvra en
collaboration avec une équipe dartisans dont les noms sont
rappelés sur le grand vitrail de lescalier dhonneur.
Lextérieur
La façade, monumentale, est large de cinq travées et se
développe sur trois niveaux : un soubassement à bossages
en pierre bleue et deux ordres superposés de pilastres composites
d inspiration dorique et ionique.
Au centre se détache le beffroi. De section carrée et daspect
massif, il est coiffé dun clocheton en forme de «bulbe
à limpériale». Deux loggias superposées
y sont aménagées. Symbole des libertés communales,
il porte le blason dAnderlecht, et est équipé de trois
cadrans dhorloge. La loggia inférieure, à laquelle
mènent deux escaliers, abrite lentrée de lédifice.
De part et dautre du beffroi, sélèvent de hautes
fenêtres à meneaux et à croisillons, agrémentées
de balcons et surmontées de frontons.
Lintérieur
Passé le vestibule, le visiteur pénètre dans la Salle
des Pas Perdus, très sobrement décorée et pavée
de mosaïques. A noter les deux copies en plâtre de sculptures
de Constantin Meunier : le Débardeur et le Semeur.
Lescalier dhonneur, orné dune très belle
rampe en fer forgé, est éclairé par une grande baie
à meneaux, remarquable par ses vitraux colorés. Dans un
décor exubérant darabesques et de guirlandes, plusieurs
cartouches avec inscriptions rappellent la construction et linauguration
de lédifice ainsi que les autorités communales qui
y présidèrent. Aux murs, figurent les plans du village dAnderlecht
et de Cureghem au moment de leur urbanisation. A lancien parcellaire
se superpose le tracé des nouvelles rues projetées.
A létage, le vaste palier central à léclairage
zénithal donne accès à plusieurs bureaux ainsi qu
aux trois salles dapparat situées en façade
et en enfilade : la salle du conseil au centre, la Salle du Collège
à droite, le Cabinet du Bourgmestre à gauche.
La salle du Conseil
La plus vaste, cest celle où se réunit le Conseil
communal et où sont également célébrés
les mariages.
En y pénétrant, le visiteur ne manquera pas dêtre
frappé par la pénombre relative des lieux que renforcent
les vitraux et le décor aux couleurs sombres, noir, brun et vert.
Notre sensibilité actuelle nest guère habituée
à des intérieurs où règne une aussi faible
intensité lumineuse. Le décor de la salle laisse une large
place aux portes en chêne sculpté. Les murs sont couverts
de toiles marouflées où sont peintes en trompe-lil
des étoffes suspendues. Au centre de la salle, une balustrade en
bois sculpté sépare les bancs destinés au public
des tables et sièges réservés aux membres du Conseil.
Le mobilier se compose en outre de fauteuils et de chaises en chêne
recouverts de cuir frappé aux armes dAnderlecht. Des bustes
en marbre, un harmonium et plusieurs grands tableaux complètent
la décoration. Le luminaire est constitué de trois grands
lustres à boule et de bras dapplique en cuivre.
La salle du Collège
Lélément décoratif majeur de cette pièce
est une cheminée monumentale en forme dâtre surmontée
dune hotte pyramidale. Elle se détache sur un fond assez
sombre où est peinte une scène de bataille et est encadrée
de deux Bibliothèques. Son manteau porte les armes du Brabant et
le bandeau en bois une frise richement sculptée. De part et dautre
de la plaque noire, des carreaux de faïence figurent les allégories
de lAir et de la Terre.
Comme dans la salle du Conseil, les murs sont couverts de toiles marouflées
peintes imitant des draperies en riche brocart. Le centre de la pièce
est occupé par la longue table où se réunissent,
tous les mardis, les membre du collège des Bourgmestre et Echevins.

Ecole vétérinaire
Adresse : rue des Vétérinaires, 41-47
Un peu dhistoire
Au lendemain de la révolution de 1830, le roi Léopold Ier
signe un arrêté qui crée une ComMissions de Bruxelles
chargée dexaminer les candidats et de délivrer les
diplômes officiels de médecine vétérinaire.
Composée de deux médecins et de trois vétérinaires,
elle aboutit en 1832 à la création de lécole
déconomie rurale.
Celle-ci occupe quelques années les locaux de la ComMissions au
18, rue dAssaut avant démigrer dans un ancien manège
à lemplacement de lactuel Palais des Beaux-Arts.
Létablissement dune école vétérinaire
au milieu du tissu urbain pose rapidement des problèmes et, en
1836, le Gouvernement adopte lécole privée et lorganise
aux frais de lEtat dans une ancienne manufacture dindiennes
située à Cureghem, en bordure de lactuel boulevard
Poincaré. Les bâtiments de lécole vétérinaire
se situent à lépoque de part et dautre de la
Petite Senne.
Plusieurs éléments vont toutefois conduire à labandon
de ce site et à une nouvelle localisation de lécole.
En effet, dabord les bâtiments, à lhygiène
douteuse, sont sujets aux fréquents débordements de la Senne
qui les longe et de la «petite Senne» qui les traverse.
Dautre part, le site de lécole fait obstacle au développement
et à la liaison de Cureghem vers le centre de la capitale.
Les négociations se multiplient entre le Collège échevinal
dAnderlecht et le Gouvernement pour obtenir le déplacement
de lécole vétérinaire.
Finalement, le Ministre de lAgriculture M. de Bruyn prend la décision,
en 1892, de construire la nouvelle institution à lemplacement
quon lui connaît aujourdhui, face au boulevard de la
Révision.
Cette décision est le point de départ, en 1895-96, de la
création de deux nouveaux quartiers à Anderlecht : lun
sur le site démantelé et abandonné par lEtat
à la Commune, qui deviendra le square de lAviation, et lautre
aux abords de la future école rue des Vétérinaires.
Préalablement à la construction de la nouvelle école
de Cureghem, Anderlecht fait décréter autour du nouveau
site, dès 1890, un plan densemble des rues à créer
en vue détablir des accès faciles vers le nouvel établissement
et doffrir un nouveau quartier appelé à devenir lun
des plus riches de Cureghem.
La construction de lécole vétérinaire
Lélaboration des plans et la direction des travaux sont confiés
à larchitecte Seroen.
Le sol marécageux et la présence de la Senne posent dénormes
problèmes techniques.
Plus de 100.000 mètres cubes de terre sont déversés
en remblais pour les cours et jardins. Chaque bâtiment repose donc
sur des caves aux dimensions impressionnantes, reliées entre elles
par des galeries permettant le passage aisé dune section
à lautre et pourvues dun système de cheminées
de décompression.
Le tout forme une sorte de gigantesque caisson, isolé des débordements
de la Senne.
Le site se compose dun ensemble de structure pavillonnaire comprenant
initialement 19 bâtiments, séparés par des cours et
jardins.
Toutes les façades sont de style néo-renaissance flamande.
Le bâtiment administratif, reconnaissable à son lanternon
dinspiration byzantine qui couronne le milieu de sa toiture, abrite
à lorigine les services administratifs, la salle académique
et la Bibliothèque.
Au premier étage, les anciennes salles de Bibliothèque sont
aujourdhui profondément transformées mais la structure
initiale avec les fines colonnes en fontes et chapiteaux à crochets
se devine facilement.
Au deuxième étage, on remarque la salle académique
qui malgré un aménagement en auditoire, a conservé
lessentiel de son décor peint, en étroite relation
avec lart vétérinaire.
De nombreux paratonnerres à pointes multiples sont disséminés
sur les toitures de lEcole vétérinaire. En effet,
Le physicien belge Louis Melsens (1814-1886), professeur à lécole
de Cureghem, en était linventeur.
Par son incorporation à lUniversité de Liège
dès 1969, lécole de médecine vétérinaire
de Cureghem perd son indépendance.
Au cours de lété 1991, cette faculté quitte
le site pour sétablir sur les hauteurs du Sart - Tilman à
Liège où se donnent désormais les cours.
Les toitures et les façades des bâtiments originels ainsi
que lensemble formé par les constructions et le site ont
été classés le 22 février 1990.

Quartier du « Triangle »
Centre d'études et de documentation "Guerres et sociétés
contemporaines - Service des victimes de la guerre (ancien siège
de la Prévoyance sociale)
Adresse : square de lAviation, 29-31
Récemment restauré par la Régie des Bâtiments,
l'ancien siège de la Prévoyance sociale (classé le
9 septembre 1993) abrite aujourd'hui le Centre d'études et de Documentation
" Guerre et Société s contemporaines ", une institution
scientifique fédé rale, ainsi que les bureaux et archives
du Service des Victimes de la Guerre.
C'est en 1911, que la société coopérative d'assurances
"La Prévoyance sociale" commande à l'architecte
Richard Pringiers (1869-1937), collaborateur de Victor Horta, les plans
de son immeuble de bureaux, à ériger au square de l'Aviation.
Avec les bureaux de la Prévoyance sociale, Richard Pringiers, signe
l'une de ses plus belles réalisations.
L'expansion de la "Prévoyance sociale" entraîne
un manque de place au bout d'une vingtaine d'années.
En
1930, les architectes Fernand et Maxime Brunfaut sont sollicités
pour la transformation du bâtiment d'angle, qui exige une complète
réorganisation intérieure, et pour l'ajout d'un nouvel immeuble
de rapport de style art déco qui sera édifié en 1931-32.
Il leur est imposé de conserver la façade de Pringiers de
telle sorte qu'ils se contentent d'ajouter des balcons avec balustrades
en fer forgé aux troisième et quatrième étages,
et de surmonter le bâtiment d'une coupole de verre.
Les principaux matériaux utilisés, marbre, verre et chrome,
se confrontent les uns aux autres.
Brunfaut père et fils n'ont pas seulement conçu l'aménagement
de l'immeuble, ils en ont aussi réalisé la décoration
et le mobilier, jusque dans les moindres détails (éclairage,
boîtes aux lettres, clinches de porte).
Une partie du mobilier a pu être conservée jusqu'à
nos jours, entre autres le bureau et le salon du directeur et différents
meubles d'appoint.
La coupole en béton translucide du square de laviation
Adresse : square de lAviation
A proximité de l'immeuble-phare de la Prévoyance sociale,
se dresse un immeuble de rapport édifié en 1912 par la société
d'assurances-vie "Constantia", récemment transformé
et rénové par la Centrale générale des Syndicats
libéraux de Belgique. L'histoire de ce bâtiment est intimement
liée à celle du verre et du béton translucide.
Au rez-de-chaussée, on peut relever la présence, invisible
de la rue, d'une magnifique salle de réunion art déco, recouverte
d'une coque en béton et dalles de verre colorées de forme
hexagonale.
La salle elle-même comprend des soubassements en marbre veiné
et une frise typique de l'art déco. Dans les arcs de la frise,
on remarque des branches de laurier et des amas de fruits exotiques et
de fleurs. Ce qui retient davantage l'attention, c'est la grande coupole
qui la couvre entièrement, faite de béton percé de
13.000 pavés de verre circulaires, tantôt bleus, tantôt
jaunes, oranges ou blancs, fabriqués par les ateliers du Val Saint-Lambert.
L'ouvrage est soutenu par de puissantes poutres en béton, visibles
depuis l'étage ou par les fenêtres rectangulaires latérales.
Cette structure en béton translucide est unique en Belgique, et
constitue un exemple exceptionnel des expérimentations de cette
technique de construction dans les années 20 et 30.
La grande écluse
Adresse : Boulevard Poincaré, 77 - Restaurant «la grande
écluse »
Pendant des siècles, la Senne a provoqué des inondations
dont le hameau de Cureghem a particulièrement souffert.
Ainsi, lors de travaux de construction de la deuxième enceinte
de Bruxelles, dans la seconde moitié du XIVe siècle, la
ville tente de se prémunir des crues de la rivière en érigeant
deux écluses, à l'entrée des deux bras de la Senne
dans l'agglomération.
La grande écluse fait donc partie, depuis le XIVe siècle,
des remparts de la ville. Lors des crues, on la fermait et grâce
à ce cours d'eau qui contournait les remparts, l'eau rejoignait
la Senne à sa sortie de la ville.
En mars 1807, la Ville de Bruxelles vend le bâtiment à charge
pour l'acheteur de le démolir.
C'est l'architecte Auguste Payen qui la rachète le 24 février
1808 et fait raser l'édifice, à l'exception de la voûte
du rez-de-chaussée et trois fenêtres rectangulaires à
l'étage.
Les travaux de démolition des remparts décidés par
décret napoléonien en 1810, s'achèvent en 1840, date
de construction d'un nouveau bâtiment au centre du boulevard de
la Ceinture qui vient prendre appui sur les fondations de la grande écluse.
Le nouveau bâtiment de 1840 est conçu par Payen.
Deux inondations spectaculaires surviennent en 1850 et en 1866, année
où plus de 3000 Bruxellois meurent d'une épidémie
de choléra.
La Senne, insalubre, est désignée comme la principale responsable.
Les travaux d'assainissement, déjà à l'étude
depuis de nombreuses années, sont rapidement mis en chantier.
Le voûtement est réalisé sous forme de deux arches
en briques flanquées de deux grands égouts collecteurs entre
la nouvelle gare du Midi et le boulevard d'Anvers, sur une distance de
deux kilomètres.
Au-dessus du voûtement proprement dit, sont réalisés
les grands boulevards du centre-ville qui sont bordés de somptueux
immeubles destinés à attirer la bourgeoisie aisée.
En 1865, un projet d'agrandissement de la grande écluse, lié
au projet du voûtement, est étudié et aboutit à
la conclusion qu'il vaut mieux démolir l'édifice en place
et le reconstruire en l'alignant au boulevard, sur le site que la grande
écluse occupe aujourd'hui.
C'est l'architecte Léon Suys qui signe les plans du nouveau bâtiment
dont la ressemblance avec celui de Payen est frappante.
La façade principale est d'ailleurs reconstruite quasi à
l'identique avec des matériaux du bâtiment de 1840.
Le bâtiment abrite une technologie très performante pour
l'époque : l'eau s'écoule sous l'édifice dans deux
canalisations de 6,10m de large et 4,50m de haut.
Le débit de la rivière est réglé par des cylindres
hydrauliques qui commandent les portes de l'écluse.
Dès sa mise en uvre, le premier voûtement de la Senne
s'avère inefficace pour les Communes situées en amont et
en aval, où les inondations restent fréquentes.
Des travaux ont donc lieu, à partir de 1931, pour dévier
le cours de la Senne vers l'extérieur du pentagone bruxellois.
La grande écluse n'exerce, dès lors, plus sa fonction.
Classée comme monument le 22 février 1984, la grande écluse
sombre dans l'oubli et le bâtiment se dégrade dangereusement.
En 1992, les architectes Vincent Nève et Jos Vandenbreeden, à
la demande de la Ville de Bruxelles (propriétaire du bâtiment),
réalisent des plans de restauration de l'édifice et font
remettre en état les mécanismes des pistons.
Ils installent également une mezzanine dans le volume intérieur
pour y recevoir un restaurant.

Ecoles
L'essor démographique entre 1860 et 1880 amène la Commune
à mettre sur pied une politique active de construction de bâtiments
scolaires.
Le premier exemple d'architecture scolaire monumentale à Anderlecht
est l'école, située rue Wayez, 56 et édifiée
vers 1880. On la doit à l'architecte de la maison communale et
de la flèche néo-gothique de la collégiale des Saints
Pierre et Guidon, Jules-Jacques Van Ysendijck.
L'école située rue Ropsy-Chaudron, 7 est également
datée de cette époque (1888).
Construite sur les plans de l'architecte Hansotte, elle reflète
les innovations techniques propres aux grands bâtiments scolaires
de cette fin du XIXe siècle : la galerie à l'étage
faisant le pourtour du préau, les charpentes métalliques,
les escaliers latéraux.
Ce bâtiment baptisé Curo-hall
est devenu un centre communautaire et interculturel. Il accueille
en permanence plusieurs associations disposant ainsi dun local pour
y développer leurs activités.
La majorité des écoles communales d'Anderlecht sont signées
de la griffe de. En 1887, Louis Ernest S'Jonghers (1886-1931) entre comme
dessinateur-architecte au service des travaux publics de l'Administration
communale. Il devient l'architecte communal en titre.
Auteur des plans du superbe bâtiment de la Justice de Paix ainsi
que de l'entrée monumentale du cimetière (lentrée
de lactuel parc forestier), il prend rapidement en charge la conception
de toutes les écoles communales.
Les plus remarquables d'entre elles sont situées à Cureghem
:
- lécole primaire rue Odon, 22 (Les Tourterelles)
- lécole primaire rue Eloy, 114 (Carrefour)
- lInstitut Marius Renard rue G. Moreau, 107

Le parc Astrid et le stade Vanden Stock
(Royal Sporting Club Anderlecht)
Un peu dhistoire
En 1903, la veuve Ruelens-Lefèvre fait offre à lAdministration
communale de lui racheter sa propriété.
Il sagit dune vaste maison de campagne, dotée dun
vaste jardin de 3 hectares, qui subsistera jusquen 1986, et connue
des Anderlechtois sous le nom de Maison des Artistes.
Lachat de la campagne Ruelens donne le coup denvoi à
la création du futur parc communal.
En 1905, une propriété voisine est également acquise
par la Commune. La majorité communale décide officiellement
de créer un nouveau quartier (le quartier du Meir) et dy
aménager un grand jardin public.
Si le Parc dAnderlecht ou Parc du Meir est officiellement inauguré
le 13 août 1911, des parcelles de terrain lui seront ajoutées
jusquen 1928.
Une politique dacquisition par expropriation, cession et négociation
à lamiable permet à la Commune de maîtriser
totalement les opérations foncières sur son territoire.
Le parc Astrid et la création du quartier du Meir constituent ainsi
un champ dexpériences qui sera décisif pour lavenir
du reste de la Commune.
A leur suite, les cités-jardins connaissent un essor foudroyant,
que ce soit la cité expérimentale de la Roue (1920-21),
la cité de Moortebeek (1921) ou encore à celle du Bon Air
(1923).
En 1926, le Collège échevinal confie à Jules Buyssens
létude paysagère du nouveau parc du Meir.
Le relief assez vallonné et lexistence de létang,
creusé après la guerre, incitent Buyssens à multiplier
les vues plongeantes sur le plan deau, son île, sa végétation
et sa faune.
Les arbres et arbustes son savamment disposés sur de larges pelouses
ondulantes qui permettent doffrir des vues très changeantes
sur les différentes scènes du parc.
Buyssens collabore pendant près de 20 ans à laménagement
du parc.
Le parc Astrid ne sera jamais totalement achevé.
Le 29 août 1935, la Reine Astrid décède tragiquement
dans un accident de voiture. LEchevin Berrewaerts propose de donner
le nom de la Reine Astrid au square de lAvènement.
Après un échange de vues, le bourgmestre et les échevins,
désireux de rendre un hommage à la mémoire de la
défunte, décident de substituer la dénomination de
«Parc public Astrid» à celle de «Parc public
du Meir».
Le football au Parc Astrid
La mise à disposition de terrains au parc Astrid au profit du Sporting
Club remonte au 18 mai 1914.
Dès 1920, une première tribune en bois est édifiée
à la plaine de football.
Lannée 1935, date charnière pour le parc Astrid, lest
tout autant pour le R.S.C.A.
qui devient une «société coopérative»
et négocie un bail emphytéotique de 30 ans avec la Commune
portant sur une superficie de quatre hectares.
Le club occupe déjà à cette époque près
dun tiers de la superficie totale du parc.
Le 30 avril 1946, le R.S.C.A. reçoit lautorisation de procéder
à des travaux dagrandissement des installations du stade
Emile Versé.
En 1969, les travaux de construction de la salle
communale omnisports Henri Simonet débutent, ils sachèveront
en 1971.
Les années 80 sont marquées par plusieurs phases de
modernisation du R.S.C.A. Le stade Emile Versé néchappe
pas à ces évolutions et devint le stade Vanden Stock.

Les cités-jardins
Un peu dhistoire
L'idée de cité-jardin provient d'Angleterre et de Hollande
où l'on avait désengorgé les grandes villes en les
entourant d'une couronne de quartiers autonomes.
L'idée est de créer, à la périphérie
des agglomérations surpeuplées, des "villes-jardins"
où règnent les principes de solidarité et d'égalité.
Les concepteurs des cités-jardins belges veulent s'opposer radicalement
aux logements ouvriers urbains de l'époque industrielle et offrir
un maximum de chances d'émancipation sociale à leurs habitants.
Si les cités-jardins bruxelloises sont considérées
aujourd'hui comme des lieux d'habitation privilégiés, il
ne faut pas oublier qu'à leur sortie de terre, il s'agissait de
quartiers fort éloignés du Centre-ville et de tout moyen
de communication.
Les cités-jardins à Anderlecht
Anderlecht est la commune bruxelloise qui compte le plus de cités-jardins.
La société du Foyer Anderlechtois, constituée en
1907, a joué un rôle moteur dans le développement
des cités-jardins.
On dénombre trois cités-jardins à Anderlecht :
Les premiers logements construits par le Foyer Anderlechtois le sont
à la cité-jardin de la Roue (quartier qui doit son nom à
lexistence au début du siècle dune roue de supplice),
avec la création, en 1907-1908, des rues des Citoyens et des Colombophiles.La
cité-jardin de Moortebeek (Moortebeek signifiant «ruisseau
boueux» est un nom qui a été porté par des
petits seigneurs au XIIIe siècle).
En 1921, 120 coopérateurs fondèrent les Foyers collectifs
et se proposèrent de créer un cité-jardin à
Moortebeek.
Elle se compose de 330 maisons et 124 appartements offrant un toit à
plus dun millier de personnes.
La cité-jardin du Bon Air (le plateau sur lequel est construit
cette cité étant jugé salubre entre tous on lui a
attribué le nom de cité-jardin du Bon Air). La construction,
par le Foyer anderlechtois, débuta en 1923.

La ferme dElishout
Adresse : Avenue Emile Gryson
"Elishout" ou "bois des Aunes" est le nom original
d'un bois appartenant autrefois à la puissante famille seigneuriale
d'Aa. La majeure partie du bois d'Elishout a été donnée
par les Aa à l'abbaye de Forest au début du XIVe siècle.
En effet, la ferme d'Elishout apparaît explicitement dans le patrimoine
de l'abbaye en 1328, dont elle est déjà un des principaux
établissements.
Au centre de la cour se trouvait un colombier. L'habitation principale
avait alors deux étages et, sur les côtés, s'échelonnaient
les bâtiments de service, les granges et les écuries.
L'ensemble est entouré de fossés inondés et borde
un petit bois.
Il semble que d'importants travaux aient eu lieu en 1682.
Si la ferme d'Elishout a été agrandie et réparée
à plusieurs reprises, la situation actuelle des constructions est
bien celle que rappelle le millésime "1754" inscrit sur
la façade de l'habitation.
Les bâtiments sont surélevés par rapport à
la cour, sans doute pour éviter les inondations périodiques
de la Senne toute proche.
Sur le site a été reconstruit le four à pain, autrefois
annexé à lancienne ferme historique Hof ter Biest,
où les seigneurs dAa avaient leur résidence après
la cession du château dAa.
Englobée dans le site du CERIA, gérée jusqu'en 1994
par la Province du Brabant, la ferme appartient actuellement à
la Comission communautaire flamande (V.G.C.).
Ce complexe reste un des meilleurs exemples de ce que pouvaient être
les grandes fermes d'abbaye des environs de Bruxelles.

Le patrimoine industriel
du canal de Charleroi
Les grandes brasseries vont s'implanter préférentiellement
le long du canal, par où sont acheminées les céréales
nécessaires à la fabrication de la bière.
Il en est ainsi de la brasserie Saint-Guidon, édifiée à
partir de 1912, à proximité du canal, rue du Libre Examen
rue de l'Aiguille, qui prendra le nom de "Brasserie Atlas"
en 1924.
Des meuneries s'installent aussi sur les bords du canal, lequel permet
d'acheminer le grain à la meunerie.
La meunerie Moulart est édifiée en 1903, et sera complétée
d'un second bâtiment en 1940.
Enfin, diverses industries dépendant de l'approvisionnement en
charbon s'implantent le long de la voie d'eau.
Il en est ainsi de la centrale électrique construite par la Société
des tramways bruxellois en 1903 également.
Ces trois bâtiments, aujourd'hui protégés par la législation
sur les monuments et sites, sont des témoignages remarquables des
anciennes activités de type industriel suscitées par la
présence du canal de Charleroi.
La brasserie Atlas
Adresse : Rue de la Poudrière, 60
C'est à l'emplacement dit "Petit-Moulin"; dont l'existence
est attestée depuis le XIVe siècle, au lieu-dit "Op-Cureghem
» qu'est construite, dès 1912, la brasserie Saint-Guidon.
C'est dans ce quartier de la rue du Libre Examen que va se centraliser,
à proximité immédiate du quai Demets, toute l'activité
liée à la fabrication de la bière : brasseries, flaconneries,
fabriques d'appareils pour brasseries.
De 1912 datent les salles de brassage et de fermentation ainsi que les
caves de garde.
Plusieurs cuves, en fer ou en béton, sont encore présentes
au premier étage.
En 1924, toute une série d'annexes sont construites : les écuries
et les bureaux, la sellerie, les salles de rinçage et de soutirage.
Les façades des bureaux et des écuries sont visibles rue
du Libre Examen dont elles occupent pratiquement tout un côté.
Elles se distinguent par leur raffinement tant à cause de leur
élaboration harmonieuse que de la richesse des matériaux
utilisés.
C'est en 1926 qu'est édifiée la tour de fabrication de la
bière de 30 mètres de haut, qui est visible de très
loin dans le quartier, mais aussi des berges du canal ou du pont de Cureghem.
Cette "tour" est un excellent témoignage de la récupération
de l'aspect publicitaire du style art déco par l'industrie, mais
aussi un exemple exceptionnel d'une technique de construction (l'ossature
en béton avec remplissage de briques) associée à
un nouveau processus de fabrication de la bière dit "à
cascade", où chacun des sept étages de la tour correspond
à une étape de cette fabrication.
L'activité de brassage s'est arrêtée en 1952, mais
la bière Atlas a continué à être produite jusqu'en
1980 par la brasserie de Haecht, qui a utilisé les bâtiments
d'Anderlecht comme dépôt de bouteilles de casiers.
Il y a quelques années, la brasserie Atlas a été
rachetée par la communauté Emmaüs (asbl "La Poudrière"),
qui occupe les bâtiments.
L'ancienne Meunerie Moulart
Adresse : Quai Fernand Demets
C'est
en 1903 que le premier bâtiment de la meunerie de la firme Moulart
est construit au 23 du quai Demets par Léon Moulart, en remplacement
d'une minoterie installée rue Bara.
Ce déplacement correspondait à une volonté d'agrandissement
et de modernisation des installations, mais visait également à
profiter des avantages qu'offraient le canal et le chemin de fer pour
le transport du grain et du charbon.
A son apogée, dans les années 1930-1940, cette meunerie
à cylindre occupait une trentaine de personnes et fonctionnait
24 heures sur 24, six jours par semaine. Elle produisait chaque jour environ
80 tonnes de farine, destinées pour l'essentiel à des boulangeries.
En 1940, l'architecte Max Manfroid complète le site d'un bâtiment
plus petit, mais fort similaire.
Les façades des deux bâtiments ont un aspect identique.
La meunerie Moulart est l'une des trois meuneries dont les bâtiments
subsistent à Bruxelles.
La meunerie cessa ses activités en 1955 lorsque les propriétaires,
incapables d'affronter la concurrence des grandes minoteries implantées
le long du canal maritime, profitèrent d'une prime à la
fermeture offerte par le gouvernement.
Utilisés dans le secteur de la confiserie jusqu'à la fin
des années '80, les bâtiments servent actuellement de dépôts
de pneus.
La centrale électrique
C'est en 1903 que la société des Tramways bruxellois fait
construire une grande usine à usage de centrale électrique
au 33 du quai Demets.
La centrale d'Ixelles ne suffit plus à l'alimentation électrique
du réseau de trams dont l'électrification avait débuté
en 1894 grâce à la première usine rue Brogniez, à
Anderlecht.
Il sagit, pour l'époque, une centrale particulièrement
moderne et performante. Elle correspond à la consécration
de l'énergie électrique que l'on marque par des bâtiments
monumentaux, d'une très grande qualité technique et architecturale
pour signifier le progrès et l'avenir.
Le site comprend plusieurs immeubles dont la plupart ont été
conservés : l'ancienne centrale, les silos à charbon, la
cour pavée, la maison de direction, un escalier monumental surmonté
d'une très belle balustrade de pierre.
La centrale est implantée au bord du canal pour l'approvisionnement
en charbon; en outre, le canal fournissait l'eau nécessaire à
la condensation de la vapeur après son utilisation. Elle longe
le talus de chemin de fer venant de Schaerbeek qui acheminait du charbon
et du bétail aux abattoirs d'Anderlecht, de l'autre côté
du canal.
Sa disposition entre les principaux bâtiments, sa majesté
et sa qualité donnent au site une ampleur peu Commune.
L'ancienne centrale sert aujourd'hui à l'entretien des rails et
des aiguillages du réseau de la S.T.I.B.

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