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Vous pouvez consulter la liste des Monuments et Sites protégés à Anderlecht sur le site Internet de la Direction des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale.

Collégiale des Saints Pierre et Guidon


    Adresse : Place de la Vaillance

La Collégiale des Saints Pierre et Guidon, monument classé (par un arrêté royal de 1938), possède
des témoignages essentiels de l'architecture romane et gothique.
La présence de la famille seigneuriale Aa, installée au centre du village, la fondation d'un chapitre de chanoines et le culte dédié à Saint-Guidon ont certainement contribué, à la construction de cet important édifice religieux.
On suppose qu’il existait une première paroisse à Anderlecht au Xe-XIe siècle.

L’église romane

La fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle voient donc s'ériger une imposante église romane dédiée
à Saint-Pierre.
Son plan était fort proche de l'église gothique actuelle.
Le fait que des éléments de l'ancien édifice roman aient été conservés prouve que la collégiale romane ne fut pas détruite d'un coup, mais au fur et à mesure de la reconstruction de style gothique.
Ainsi, la tour romane subsiste jusqu'au début du XVIe siècle, date à laquelle l'architecte Keldermans entame
les travaux de reconstruction de la nouvelle tour.
Parmi les vestiges de la collégiale romane, il y a la crypte qui est dans un bon état de conservation.

La crypte romane

On accède à la crypte par des escaliers situés de part et d'autre de l'entrée du chœur. Ces escaliers ont été aménagés à la fin du XIXe siècle, lors de la restauration de la collégiale menée par l'architecte Van Ysendijck.
L'existence d'anciennes portes d'entrée au pied des deux petites nefs extrêmes semble indiquer que la crypte a pu servir d'église.
Les quatre colonnes centrales de la crypte sont de couleur rosée, posées la tête en bas, abîmées par une longue exposition aux intempéries. Elles proviendraient, pour certaines d’entre elles du moins d'une villa romaine.
Elles forment un carré au centre de la crypte.
Une pierre tombale souvent désignée comme le "tombeau de Saint-Guidon" a été placée entre deux
de ces colonnes.

Le tombeau de Saint-Guidon

Une dalle trapézoïdale en pierre bleue, située dans la crypte, est habituellement désignée comme le tombeau
de Saint-Guidon. On la date habituellement du XIe siècle. On y distingue clairement une longue branche garnie
de quatre feuilles. Elle ne porte aucun signe chrétien ni aucune représentation humaine.
Les supports sur lesquels la dalle est posée laissent un étroit passage libre par lequel, rapporte la tradition,
les pèlerins se glissaient pour que leurs vœux et prières soient exaucés par le saint. Il s’agissait d'une sorte
de rite de passage dont l'usure des pierres semble attester d'une longue pratique.
La crypte renferme une statue en bois de Saint-Guidon, grandeur nature, datée du XVIIIe siècle.
Cette statue surmontait autrefois la source de Saint-Guidon, située au bas de la rue de l'Institut et dont les eaux sont désormais détournées.
Dans la crypte, deux autels rustiques en pierre blanche ont été descellés des murs formant angle avec le chœur et posés au sol, ce qui a d'ailleurs permis de remettre à nu des pierres romanes, sous les enduits et cimentages de la fin du XIXe siècle.

La construction de la collégiale gothique (1350-1527)

La collégiale romane va subir une véritable métamorphose, principalement aux XVe et XVIe siècles, résultat de plusieurs campagnes de reconstruction.
L'édifice gothique, tel que nous pouvons l'observer de nos jours, date donc pour l'essentiel de la période bourguignonne et a été bâti en forme de croix latine.
L'élément gothique le plus ancien actuellement observable est le porche latéral sud (1350).
La fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle voient se développer une vaste campagne de reconstruction dont datent les trois nefs et la chapelle de Notre-Dame de Grâce, achevée aux alentours de 1400.
Le transept roman est profondément modifié à la même époque, ses murs épais renferment toutefois encore des pans entiers de l'ancienne collégiale romane.
Des renseignements d'archives confirment qu'en février 1469, le chapitre prend la décision de démolir le chœur roman et de procéder immédiatement à sa reconstruction.
Ces travaux sont entrepris sous la direction de Henri de Mol et à son décès sous celle de Jean van Ruysbroeck.
Si le chœur de la collégiale est si allongé, c'est parce qu'il devait abriter les douze chanoines du Chapitre assis dans leurs "stalles".
La chapelle des fonds baptismaux est édifiée entre 1487 et 1505.
C'est l'architecte Mathieu Keldermans, auteur des plans de l'hôtel de ville de Louvain, qui va diriger les travaux de construction de la tour.
L'étude des marques des tailleurs de pierre a révélé que cette tour a été érigée en trois phases, de 1506 à 1545.
La flèche de pierre de style "néo-gothique" (dont la couronne n'est pas d'époque) ne sera édifiée qu'à la fin du XIXe siècle, d'après les dessins de Jules Jacques Van Ysendyck, architecte de la Maison communale d’Anderlecht, et sera inaugurée le 19 septembre 1898.

Les restaurations de la collégiale aux XIXe et XXe siècles

C'est à partir de 1843-44 qu'on commence à restaurer l'église sous la houlette de l'architecte Suys.
Les travaux se limitent à une rénovation extérieure du bâtiment et s'achèvent en 1857.
A partir de 1879, Jules Jacques Van Ysendyck entreprend de très importants travaux d'aménagement autour
de l'église qui vont considérablement abaisser le niveau du sol extérieur et des voiries aux abords
de la collégiale.
Ces travaux, conjugués à la construction de la flèche en 1898, ont entraîné un très sérieux tassement du côté Nord de la tour.
Les travaux de restauration qui ont débuté en 1994 (pour prendre fin en 1997) ont permis de stabiliser et nettoyer cette tour. Un éclairage a été mis en place dans le but de la mettre en valeur.

Les peintures murales

Au cours des travaux de restauration effectués à l'intérieur de l'église, dès la fin du XIXe siècle, des traces de nombreuses peintures murales ont été mises au jour.
La collégiale d'Anderlecht possède d'ailleurs l'ensemble le plus important de peintures murales de la région bruxelloise, qui remonte aux XVe-XVIe siècle.
Elles ont été réalisées au coup par coup, en grande partie grâce aux chanoines, certains artistes faisant figurer dans leurs œuvres les chanoines donateurs avec leurs armoiries.
Leur état actuel nécessite des travaux de restauration urgents.
On peut citer :

  • dans le bras le bras gauche de la nef des peintures représentant le martyre de Saint-Érasme, le martyre de Sainte-Wilgeforte et Saint-Guidon;
  • dans le bras gauche du transept des peintures représentant le Jugement dernier, Saint-Christophe et
    la peinture de la sainte et du chevalier;
  • dans le bras droit du transept une peinture qui évoque la Transfiguration et une petite représentation
    de Guidon pèlerin;
  • dans la chapelle Notre-Dame de Grâce des peintures murales ayant trait à la légende de Saint-Guidon.

Les vitraux

Les vitraux du chœur
Le grand vitrail à gauche du chœur est le plus ancien vitrail de la collégiale d'Anderlecht, et date du dernier quart du XVe siècle. Il représente la Vierge tenant l’enfant Jésus, encadrée du donateur et de son patron à gauche,
et d’un autre saint à droite.
L'influence de la peinture flamande y est très nette, la Vierge ressemblant à celle d'un tableau de
Hugo van der Goes. L'importance et le réalisme du visage du donateur, le rendu des étoffes et de leurs plis,
la grande qualité du fond de décor architectural (un décor d'église avec des fenêtres romanes et des voûtes gothiques) rapprochent aussi ce vitrail des techniques de la peinture flamande.
Il s'agit d'une des plus anciennes verrières en place en Belgique. Trois couleurs sont largement dominantes :
le bleu et le rouge, utilisés en alternance dans la partie principale, et le vert émeraude des parties hautes.
En face, la verrière dite de l'Intercession date du deuxième quart du XVIe siècle. La composition est centrée sur le donateur, sans doute un chanoine du chapitre qui adresse sa prière à Saint-Pierre, patron de la collégiale.
La Vierge et le Christ font également partie de la composition.
Ce vitrail s'apparente à la Renaissance et non au gothique : les plis des vêtements sont rendus avec plus de rondeur et des éléments décoratifs propres à la Renaissance sont présents.
Les autres vitraux du chœur sont "néo-gothiques", attribués aux ateliers de Samuel Coucke et de Jules Dobbelaere. Ils datent de fin XIXe début XXe.
Ces vitraux du chœur de la collégiale ont été restaurés (en 2000-2002).
Les spécialistes chargés de la restauration ont également opté pour la pose d’un vitrage extérieur qui protège les vitraux de la pollution, des conditions climatiques mais aussi du vandalisme.

Les autres vitraux de la collégiale

Les vitraux au-dessus des portails du transept proviennent de l'atelier gantois de Camille Ganton et datent
de 1929. Ganton se détache du néo-gothique par des personnages plus stylisés et une utilisation plus décorative des couleurs. A gauche, il y a la montée au ciel de Marie ; à droite, le Christ entouré des saints et des anges.
Le vitrail au-dessus du porche d'entrée, beaucoup plus moderne, est dû à Michel Martens, un créateur contemporain de vitraux en Belgique. Il date de 1970.

Les pierres tombales et monument funéraires

La collégiale des saints Pierre et Guidon conserve, dans le chœur, deux monuments funéraires qui ont été érigés à la mémoire des seigneurs de Walcourt, héritiers de l'ancienne maison Aa.
A gauche du chœur se trouve le mausolée de Jean de Walcourt qui participa, le 17 août 1356, à la bataille de Scheut livrée par le comte de Flandres aux Bruxellois afin de s'emparer de la ville. Il décéda quelques années plus tard, en 1362.
Taillé dans un marbre noir, le tombeau de Jean de Walcourt se présente sous la forme d'un gisant complètement armé.
C'est un mausolée d'un grand intérêt historique par les détails qu'il donne du costume militaire au XIVe siècle, où l'on observe la transition entre le costume avec la maille qui domine et l'armure de plein fer du XVe siècle.
De l'autre côté du chœur se trouve le mausolée d'Arnold de Hornes, seigneur de Gaasbeek et patron du chapitre d'Anderlecht en qualité de seigneur de Walcourt.
L'œuvre, de style Renaissance et parfois attribuée au sculpteur Jean Mone, a été exécutée pendant le second tiers du XVIe siècle, comme l'indique le costume du personnage et les ornements qui l'entourent.
Le transept Nord (à gauche du chœur) conserve trois bas-reliefs intéressants.
Le plus ancien surmonte l'épitaphe du chanoine et médecin de Philippe le Bon, Albert Ditmar, décédé en 1438.
Le bas-relief se distingue par la vérité des physionomies et par la beauté des draperies d'étoffes épaisses aux plis harmonieux et profonds. Il s'agit d'un chef-d'œuvre de l'art gothique.
Non loin du monument Ditmar se trouve une autre sculpture funéraire où l'on voit le Christ en croix rencontrant
la Vierge.
L'œuvre date de 1597. Elle est encore gothique par les architectures de style flamboyant qui l'entourent et le réalisme des personnages.
Le troisième bas-relief frappe par sa petite taille et la richesse de son ornementation, caractéristique de l'italianisme triomphant. Il s'agit du monument à la mémoire de Barthold de Barthoulz, décédé à l'âge de 13 ans, en 1532.
On compte encore 96 pierres tombales du 15 au XVIIIe siècle, dont la plupart sont consacrées à des chanoines.
Les plus belles d'entre elles ont trouvé refuge contre les murs de la chapelle des fonds baptismaux. Les pierres qui y sont conservées témoignent de l'arrivée des bruxellois fortunés qui se fixèrent à Anderlecht par l'entremise du chapitre et qui y établirent leur sépulture.

Saint-Guidon

vitrail avec les armoiries de Saint-GuidonLa "Vie de Saint-Guidon" ou "Vita Guidonis" a été rédigée
plus d'un siècle après sa mort.
Guidon serait né, dans la seconde moitié du Xe siècle, dans une famille de paysans. D'abord engagé comme ouvrier agricole, il devient sacristain de l'église Notre-Dame de Laeken. Désireux de gagner de l'argent,
il se laisse tenter par un marchand bruxellois pour se livrer au commerce, mais son bateau s'étant échoué sur
un banc de sable de la Senne, il y vit un signe de Dieu et renonça à cette carrière pour revenir à Laeken.
Gagné par le goût du voyage, il se décide à partir pour Rome, Jérusalem et d'autres lieux de pèlerinage. Pendant sept ans, il visite les églises les plus célèbres du monde.
Repassant par Rome, il y rencontre Wonédulphe, doyen du chapitre d'Anderlecht et ses compagnons et, ensemble, ils décident de visiter Jérusalem.
Sur la route du retour de la patrie, Wonédulphe et ses amis décèdent et Guidon doit tous les enterrer. Wonédulphe le charge d'annoncer sa mort aux siens et de leur remettre son anneau d'or en confirmation
de la triste nouvelle.
Exténué de fatigue et épuisé, Guidon parvient à Anderlecht dans la maison du vice-doyen où il meurt de dysenterie le 12 septembre 1012. On ignore l'endroit exact où Guidon fut enterré, mais sans doute était-ce au cimetière entourant l'église.
L'oubli s'installe très vite autour du pauvre pèlerin et ce jusqu’à la rédaction de la Vita Guidonis, par un chanoine anonyme, au début du XIIe siècle.
Aujourd’hui, Saint-Guidon fait partie intégrante de la vie anderlechtoise. La collégiale qui porte son nom domine le centre historique d’Anderlecht, sa représentation orne les armoiries communales, il est le personnage central d’une procession annuelle et détermine, en quelque sorte, la date du marché annuel.

Centre historique


  La place de la Vaillance

Au cours des cent dernières années, le visage du centre historique (ou rinck) d'Anderlecht a considérablement évolué.
Lors des travaux d'aménagement autour de la collégiale menés sous la conduite de l'architecte Jules Jacques Van Ysendijck à la fin du XIXe siècle, on a supprimé le cimetière, afin d'élargir le parvis, on a abaissé le sol extérieur pour permettre l'établissement d'un trottoir et on a relié le rinck à la rue d'Aumale, récemment ouverte.
Le 8 mai 1911, le conseil communal adopte un plan de lotissement qui prévoit que "les façades à ériger place de la Plaine devront s'inspirer des styles des XVIe au XVIIIe siècle, de façon à éviter une trop grande discordance avec celui de l'église Saint-Pierre. En outre, toutes les façades seront établies en matériaux apparents et devront avoir un caractère architectural indiscutable dont la Commune se réserve expressément et exclusivement l'appréciation".
Dès 1912, des maisons "pastiches" campent fièrement leurs pignons baroques "chantournés" ou flamands
"à gradins" sur la place de la Plaine.
Une seconde vague de lotissement (de 1923 à 1928) fait suite à un réaménagement de l'espace public qui voit s'ériger le Monument aux Héros de guerre de Victor Voets, inauguré le 28 mai 1922.
La place de la Plaine est officiellement débaptisée au profit de "Place de la Vaillance" le 22 septembre 1922.
D’anciennes bâtisses remontant à la fin du XVIIIe siècle exploitées comme cafés-brasseries, «les Tréteaux » et « ‘t Paviljoen » ont subsisté. A l’angle de la place et de la rue du Chapitre se trouve une très ancienne bâtisse (1700) qui a longtemps servi d ‘auberge et qui appartient au centre communautaire De Rinck.

L'ancienne propriété Vandenpeereboom

    Adresse : Place de la Vaillance, 17

C’est en 1890 que Jules Vandenpeereboom, Ministre des Chemins de Fer, des Postes et Télégraphes, achète une propriété située place de la Vaillance, face au parvis de la collégiale, sur laquelle était établie une maison de chanoine datant du XVIe siècle.
Il la fait bientôt abattre pour y édifier, sur les plans de l’architecte François Malfait une nouvelle construction qui restitue parfaitement le caractère du XVIe siècle.
L'habitation et la vieille cour pavée ont été conservées ainsi que l’ancien puits d’où partait jadis un passage secret (qui subsiste encore en partie), surmonté d’une belle ferronnerie d’art, copie d’une œuvre conservée au Musée de Cluny à Paris.
A sa mort, survenue en 1917, le Ministre d’État avait prévu de léguer sa propriété et ses collections à l’État,
à la condition que la maison reste accessible au public.
Les collections d’objets d’art furent éparpillées entre les Musées du Cinquantenaire, l’abbaye de la Cambre,
le musée de la Porte de Hal et la maison d’Érasme, dont le mobilier provient en grande partie de la collection Vandenpeereboom. L’État respecta l’ouverture au public de la demeure qui, en 1924, accueillit la Commission des Archives de l’Armée.
La propriété vint aux mains du Ministère de la Culture flamande qui, après l’avoir restauré, y établit une école
des Beaux-Arts toujours en activité.

La rue Porselein

Ce n’est qu’en 1850 que le nom de « Porceleynstraat » apparaît.
L’origine de cette dénomination est encore contestée, mais l’hypothèse la plus admise est qu’il s’agit
d’une allusion au pourpier (« postelein » en néerlandais), une plante à petites feuilles charnues dont une espèce a été cultivée comme légume.
Pendants très longtemps, cette petite rue était désigné non pas par un nom mais par l’itinéraire qu’il empruntait (« straetken gaende van de kercke naar de Hooghstraete »).
Certaines façades de la rue Porselein se sont prêtées à l’initiative " Poésie-Cité " produite par " Hypothésarts ", qui vise à faire de la rue un lieu d’exposition permanente.
Peintres et poètes y sont représentés en interprétation libre.
Le numéro 15 est un hommage au peintre Miro, sur des textes de Jacques Prévert, alors que le 28 reproduit
des œuvres de Picasso.
D’autres maisons sont baptisées " Louke et vrake vos " (le n°26), " petit maître nageux " (le n°24), " In ‘t kotje ", qui accueille d’ailleurs des expositions de peinture (le n°5), " le tué (n°18) " en référence à une démolition,
ou encore " Les 4 démons " (le n°17), orné d’un masque de faune sur le mur de soubassement du jardinet avant.

La Justice de Paix

    Adresse : Place de la Résistance, 3

La place de la Résistance offre l’un des plus monumentaux édifices publics d’Anderlecht : la Justice de Paix.
L’importance industrielle et économique prise par la Commune à la fin du XIXe siècle lui vaut d’être désignée par la loi du 27 mai 1890 comme chef-lieu de canton de justice de paix.
C’est en 1893 que l’architecte Louis Ernest S’Jonghers (1866-1931) dresse les plans de ce superbe bâtiment.
Il ne se limite pas aux aspects architecturaux, mais dessine aussi les lanternes, l’éclairage intérieur,
tous les meubles et la décoration interne.
La salle d’audience à l’étage est un chef d’œuvre de la décoration d’intérieur de cette fin du XIXe siècle en région bruxelloise. Elle présente notamment un remarquable plafond à entrevous soutenu par des poutrelles en acier élégamment ornementées et est pourvue de tout un mobilier significatif du décorum propre aux sentences marginales.
De grands vitraux décorent les baies du premier étage.

Quartier de Cureghem


Le toponyme de «Cureghem» désigne, depuis les 12-XIIIes siècles, toute la partie orientale de la Commune, soit environ 350 hectares, actuellement compris entre le chemin de fer de ceinture et le territoire de la ville
de Bruxelles.
C’est incontestablement, la présence de la Senne qui conditionne les premiers facteurs du développement économique à Cureghem.

Aux premiers moulins à eau du XIIIe siècle succèdent, à partir de la fin du XVIIIe siècle, les premières teintureries; filatures, tissanderies, blanchisseries et imprimeries d’indiennes qui s’installent le long de la rivière, assez loin de la ville, recherchant de l’espace suffisant et une eau en abondance.
L’eau sert à laver les matières premières (laine et coton), à teindre et rincer les tissus. L’étendue et l’espace sont nécessaires pour sécher et blanchir les toiles.
La préexistence de ces premières manufactures installées le long de la Senne ne fera que servir de terreau
à un développement industriel beaucoup plus important dès le moment où, en 1842, l’abattoir de la ville
de Bruxelles est construit le long du boulevard de la Ceinture (à l’emplacement actuel de l’Institut des Arts et Métiers).
En effet, l’abattoir de Bruxelles, et 50 ans plus tard celui d’Anderlecht, engendre dans ses environs une filière très complète de transformation : tanneries, mégisseries maroquineries, ganteries, fabriques de bougies,
usines de préparation de poils pour chapellerie, fabriques de chapeaux,...

A partir de 1859, les autorités communales d’Anderlecht décident de créer un quartier bourgeois à Cureghem.
Ce n’est donc pas un hasard si c’est à Cureghem que sont construits les principaux édifices administratifs (l’Hôtel communal), économiques et culturels d’Anderlecht, processus qui est couronné par l’édification
du quartier de la nouvelle École vétérinaire de l’État à partir de 1896.
A la fin du XIXe siècle, Cureghem est plus important, plus peuplé, plus productif que la zone du « Rinck »,
centre historique d’Anderlecht, dont les environs immédiats sont encore semi-ruraux et dont la liaison directe avec Bruxelles via la rue Wayez n’est acquise qu’en 1878.
Du point de vue de la conservation du patrimoine architectural, Cureghem est le réservoir le plus riche d’Anderlecht : ses rues, ses avenues et boulevards nous offrent un panel complet des courants d’architecture qui ont traversé le XIXe siècle et le début du XXe siècle.
En 1840, à la suite de nombreuses campagnes de restauration d’édifices gothiques, se développe le style néogothique (la « boutique culturelle » 16, rue Van Lint et le 66 boulevard de la Révision).

Pendant les quarante dernières années du XIXe siècle, le style largement dominant est l’éclectisme
(les rues de Fiennes, Van Lint, Moreau et le boulevard de la Révision)
Vers 1870 apparaît l’architecture néo-Renaissance flamande, en marge de l’éclectisme, à la recherche
d’un style « national » (rue de la Clinique, 102-110).
En 1893, c’est au tour de l’art nouveau de s’éclater sur les façades bourgeoises. Né d’une contestation spontanée du répertoire sclérosé de la fin du 19éme siècle, il se veut un art total, avec une très nette volonté
de rupture avec le passé (rue van Lint 5-7-9 et rue Rossini 6-10-12).
L’art déco est issu d’une tendance à la simplification des formes et à la stylisation des ornements, il s'exprime surtout au tournant des années ‘20 (rue du Chapeau, 17, square de l’Aviation).
Le fonctionnalisme, qui s’exprime particulièrement dans les années’30, fait usage des rotondes d’angle,
des façades blanches des ailes couvertes de terrasses, des plateaux organisés autour de puits (l’immeuble- paquebot de la rue Jorez 21-23).

Mémorial national des Martyrs juifs

    Adresse : square des Martyrs juifs

Un concours public avait été organisé pour la construction du Mémorial national des Martyrs juifs. Il fut remporté par l'architecte montois André Godart qui assura l'édification du monument entre 1968 et 1970.
L'ensemble, qui peut être utilisé comme une synagogue à ciel ouvert, est entouré de murs en béton couverts
de plaques commémoratives en granit noir sur lesquelles furent gravés les noms des 24.600 martyrs juifs répertoriés.
La forme générale du monument constitue une référence implicite à la symbolique et au culte juifs.
Elle présente une structure en acier sommitale, des inscriptions en hébreu, en français, en néerlandais et en yiddish que l'on peut lire près de l'entrée et un motif mural réalisé en chaînes d'acier qui a l'apparence
d'une ménorah.

Abattoirs


    Adresse : rue Ropsy-Chaudron, 24

Le 12 mai 1888 est fondée la société anonyme des «Abattoirs et Marchés d’Anderlecht-Cureghem ».
La première étape consiste à détourner le cours de la petite Senne et à réaliser d’énormes remblais qui permettent d’assécher l’ensemble des prairies marécageuses situées entre la rivière et le canal.
La nature du terrain impose la mise en œuvre d’importantes fondations.
Profitant de la nécessité de descendre les fondations de la grande halle couverte jusqu’à plus de 4 mètres
de profondeur pour asseoir convenable l’édifice, la société fait réaliser une énorme cave.
Un système de ventilation assure le renouvellement de l’air dans cette gigantesque cave à l’origine à usage
de glacière ensuite de champignonnière avant d’être aménagée, en 1992, en salons commerciaux et
salles de réception pour banquets.
La grande halle couverte des abattoirs, de même que le bâtiment administratif à droite de l’entrée principale et une partie de la rue des Étables sont dus à Émile Tirou.
Clôturant la perspective de la rue Heyvaert, le marché couvert est un des monuments industriels les plus remarquables de la région bruxelloise.
L’abattoir d’Anderlecht est conçu comme une «ville dans la ville » avec ses rues (la rue des Étables),
sa place (la cour pavée), son monument (la grande halle), ses blocs de bâtiments (frigorifère, échaudoirs, bâtiment administratif), ses lieux de chalandise et de loisirs (échoppes, auberge,...) et sa gare.
Le dossier définitif pour la construction de la halle précise que 218 tonnes de fonte et 640 tonnes de fer seront mises en œuvre.

La halle est souvent présentée comme une œuvre révolutionnaire de l’architecture industrielle.
Elle présente un plan carré de 100 mètres de côté planté d’une véritable forêt de colonnes en fonte (une tous les 10 mètres) sur les chapiteaux desquelles vient reposer la charpente métallique en forme d’arc.
L’entrée actuelle des abattoirs est réalisée par Rieck en 1901.
Le rôle de la grille d’accès et des portiques surmontés des taureaux est très symbolique : il montre au public que l’on se retrouve dans un lieu ouvert à tous, mais dont la réalisation est le fruit de capitaux privés.
Les deux taureaux de bronze sont apparentés à la grande tradition de la sculpture animalière du XIXe siècle, issu d’Antoine Braye, et sont certainement, avec la halle métallique, des repères très utiles qui signalent
la présence des abattoirs depuis la rue.
Les installations du nouvel abattoir de Cureghem sont inaugurées officiellement le 24 août 1890.
La polémique avec l’abattoir de Bruxelles se poursuit jusqu’à la fermeture définitive de celui-ci en 1943.

Vu le succès de l’abattoir de Cureghem, la Commune marque un intérêt pour en reprendre la gestion,
ce qui est acquis par un arrêté royal du 19 décembre 1920.
Dès 1920, les abattoirs et marchés sont exploités en régie communale, avec plus ou moins de succès.
En 1953, le raccordement ferroviaire est supprimé du fait de la concurrence du transport par route et des camions frigorifiques, mais aussi parce que la reconstruction du pont ferroviaire endommagé par la guerre
est trop onéreuse.
En 1996, l’abattoir se voit retirer son cachet à l’exportation, ce qui entraîne un tassement très net de
ses activités.
Suite au déficit annuel de plus de 100 millions de francs à charge du budget communal, la Commune d’Anderlecht cède le site, le 9 novembre 1983, à une nouvelle société qui regroupe 150 négociants et abatteurs.
Depuis lors, de nouvelles installations ultramodernes et des travaux de modernisation ont permis à l’abattoir
de récupérer le sceau à l’exportation et de redéployer ses activités.

Hôtel communal


    Adresse : Place du Conseil, 1

Historique

L’hôtel communal d’Anderlecht est un bâtiment conçu par l’architecte Jules Jacques Van Ysendyck
(1836 - 1901) dans un des styles les plus caractéristiques de l’éclectisme, appelé aujourd’hui néo-renaissance flamande.
Van Ysendyck éleva encore à Anderlecht l’école communale de la rue Wayez en 1880 et en 1898, il fut chargé de la restauration de la collégiale Saints Pierre et Guidon à laquelle il adjoignit une flèche néogothique.
Il est aussi l’auteur des hôtels communaux de Schaerbeek et de Jette.
Sis à front de la place du Conseil, dans l’axe de la rue de Fiennes, l’hôtel communal s’inscrit comme le centre
de convergence des principales artères sur le plan urbanistique tracé pour le développement du faubourg
de Cureghem par la Société Immobilière de Cureghem.
Il fut élevé de 1877 à 1879 et classé en 1995. Sa décoration est due à Charles-Albert, qui œuvra en collaboration avec une équipe d’artisans dont les noms sont rappelés sur le grand vitrail de l’escalier d’honneur.

L’extérieur

La façade, monumentale, est large de cinq travées et se développe sur trois niveaux : un soubassement
à bossages en pierre bleue et deux ordres superposés de pilastres composites d ’inspiration dorique et ionique.
Au centre se détache le beffroi. De section carrée et d’aspect massif, il est coiffé d’un clocheton en forme de «bulbe à l’impériale». Deux loggias superposées y sont aménagées. Symbole des libertés communales,
il porte le blason d’Anderlecht, et est équipé de trois cadrans d’horloge. La loggia inférieure, à laquelle mènent deux escaliers, abrite l’entrée de l’édifice.
De part et d’autre du beffroi, s’élèvent de hautes fenêtres à meneaux et à croisillons, agrémentées de balcons et surmontées de frontons.

L’intérieur

Passé le vestibule, le visiteur pénètre dans la Salle des Pas Perdus, très sobrement décorée et pavée de mosaïques. A noter les deux copies en plâtre de sculptures de Constantin Meunier : le Débardeur et le Semeur.
L’escalier d’honneur, orné d’une très belle rampe en fer forgé, est éclairé par une grande baie à meneaux, remarquable par ses vitraux colorés. Dans un décor exubérant d’arabesques et de guirlandes, plusieurs cartouches avec inscriptions rappellent la construction et l’inauguration de l’édifice ainsi que les autorités communales qui y présidèrent. Aux murs, figurent les plans du village d’Anderlecht et de Cureghem au moment de leur urbanisation. A l’ancien parcellaire se superpose le tracé des nouvelles rues projetées.
A l’étage, le vaste palier central à l’éclairage zénithal donne accès à plusieurs bureaux ainsi qu ’aux trois salles d’apparat situées en façade et en enfilade : la salle du conseil au centre, la Salle du Collège à droite, le Cabinet du Bourgmestre à gauche.

La salle du Conseil

La plus vaste, c’est celle où se réunit le Conseil communal et où sont également célébrés les mariages.
En y pénétrant, le visiteur ne manquera pas d’être frappé par la pénombre relative des lieux que renforcent
les vitraux et le décor aux couleurs sombres, noir, brun et vert. Notre sensibilité actuelle n’est guère habituée à des intérieurs où règne une aussi faible intensité lumineuse. Le décor de la salle laisse une large place
aux portes en chêne sculpté. Les murs sont couverts de toiles marouflées où sont peintes en trompe-l’œil
des étoffes suspendues. Au centre de la salle, une balustrade en bois sculpté sépare les bancs destinés au public des tables et sièges réservés aux membres du Conseil. Le mobilier se compose en outre de fauteuils et de chaises en chêne recouverts de cuir frappé aux armes d’Anderlecht. Des bustes en marbre, un harmonium et plusieurs grands tableaux complètent la décoration. Le luminaire est constitué de trois grands lustres à boule et de bras d’applique en cuivre.

La salle du Collège

L’élément décoratif majeur de cette pièce est une cheminée monumentale en forme d’âtre surmontée d’une hotte pyramidale. Elle se détache sur un fond assez sombre où est peinte une scène de bataille et est encadrée de deux Bibliothèques. Son manteau porte les armes du Brabant et le bandeau en bois une frise richement sculptée. De part et d’autre de la plaque noire, des carreaux de faïence figurent les allégories de l’Air et
de la Terre.
Comme dans la salle du Conseil, les murs sont couverts de toiles marouflées peintes imitant des draperies en riche brocart. Le centre de la pièce est occupé par la longue table où se réunissent, tous les mardis, les membre du collège des Bourgmestre et Échevins.

École vétérinaire


    Adresse : rue des Vétérinaires, 41-47

Un peu d’histoire

Au lendemain de la révolution de 1830, le roi Léopold Ier signe un arrêté qui crée une Commissions de Bruxelles chargée d’examiner les candidats et de délivrer les diplômes officiels de médecine vétérinaire.
Composée de deux médecins et de trois vétérinaires, elle aboutit en 1832 à la création de l’école d’économie rurale.
Celle-ci occupe quelques années les locaux de la Commissions au 18, rue d’Assaut avant d’émigrer
dans un ancien manège à l’emplacement de l’actuel Palais des Beaux-Arts.
L’établissement d’une école vétérinaire au milieu du tissu urbain pose rapidement des problèmes et, en 1836,
le Gouvernement adopte l’école privée et l’organise aux frais de l’État dans une ancienne manufacture d’indiennes située à Cureghem, en bordure de l’actuel boulevard Poincaré. Les bâtiments de l’école vétérinaire se situent à l’époque de part et d’autre de la Petite Senne.
Plusieurs éléments vont toutefois conduire à l’abandon de ce site et à une nouvelle localisation de l’école.
En effet, d’abord les bâtiments, à l’hygiène douteuse, sont sujets aux fréquents débordements de la Senne qui les longe et de la «petite Senne» qui les traverse.
D’autre part, le site de l’école fait obstacle au développement et à la liaison de Cureghem vers le centre
de la capitale.
Les négociations se multiplient entre le Collège échevinal d’Anderlecht et le Gouvernement pour obtenir
le déplacement de l’école vétérinaire.
Finalement, le Ministre de l’Agriculture M. de Bruyn prend la décision, en 1892, de construire la nouvelle institution à l’emplacement qu’on lui connaît aujourd’hui, face au boulevard de la Révision.
Cette décision est le point de départ, en 1895-96, de la création de deux nouveaux quartiers à Anderlecht :
l’un sur le site démantelé et abandonné par l’État à la Commune, qui deviendra le square de l’Aviation, et l’autre aux abords de la future école rue des Vétérinaires.
Préalablement à la construction de la nouvelle école de Cureghem, Anderlecht fait décréter autour du nouveau site, dès 1890, un plan d’ensemble des rues à créer en vue d’établir des accès faciles vers le nouvel établissement et d’offrir un nouveau quartier appelé à devenir l’un des plus riches de Cureghem.

La construction de l’école vétérinaire

L’élaboration des plans et la direction des travaux sont confiés à l’architecte Seroen.
Le sol marécageux et la présence de la Senne posent d’énormes problèmes techniques.
Plus de 100.000 mètres cubes de terre sont déversés en remblais pour les cours et jardins. Chaque bâtiment repose donc sur des caves aux dimensions impressionnantes, reliées entre elles par des galeries permettant
le passage aisé d’une section à l’autre et pourvues d’un système de cheminées de décompression.
Le tout forme une sorte de gigantesque caisson, isolé des débordements de la Senne.
Le site se compose d’un ensemble de structure pavillonnaire comprenant initialement 19 bâtiments, séparés par des cours et jardins.
Toutes les façades sont de style néo-renaissance flamande.
Le bâtiment administratif, reconnaissable à son lanternon d’inspiration byzantine qui couronne le milieu de
sa toiture, abrite à l’origine les services administratifs, la salle académique et la Bibliothèque.
Au premier étage, les anciennes salles de Bibliothèque sont aujourd’hui profondément transformées mais
la structure initiale avec les fines colonnes en fontes et chapiteaux à crochets se devine facilement.
Au deuxième étage, on remarque la salle académique qui malgré un aménagement en auditoire, a conservé l’essentiel de son décor peint, en étroite relation avec l’art vétérinaire.
De nombreux paratonnerres à pointes multiples sont disséminés sur les toitures de l’École vétérinaire.
En effet, Le physicien belge Louis Melsens (1814-1886), professeur à l’école de Cureghem, en était l’inventeur.
Par son incorporation à l’Université de Liège dès 1969, l’école de médecine vétérinaire de Cureghem perd son indépendance.
Au cours de l’été 1991, cette faculté quitte le site pour s’établir sur les hauteurs du Sart - Tilman à Liège
où se donnent désormais les cours.
Les toitures et les façades des bâtiments originels ainsi que l’ensemble formé par les constructions et
le site ont été classés le 22 février 1990.

Quartier du « Triangle »


Centre d'études et de documentation "Guerres et sociétés contemporaines - Service des victimes de la guerre
(ancien siège de la Prévoyance sociale)

    Adresse : square de l’Aviation, 29-31

Récemment restauré par la Régie des Bâtiments, l'ancien siège de la Prévoyance sociale (classé le 9 septembre 1993) abrite aujourd'hui le Centre d'études et de Documentation " Guerres et Sociétés contemporaines ", une institution scientifique fédérale, ainsi que les bureaux et archives du Service
des Victimes de la Guerre.
C'est en 1911, que la société coopérative d'assurances "La Prévoyance sociale" commande à l'architecte Richard Pringiers (1869-1937), collaborateur de Victor Horta, les plans de son immeuble de bureaux, à ériger
au square de l'Aviation.
Avec les bureaux de la Prévoyance sociale, Richard Pringiers, signe l'une de ses plus belles réalisations.
L'expansion de la "Prévoyance sociale" entraîne un manque de place au bout d'une vingtaine d'années.

En 1930, les architectes Fernand et Maxime Brunfaut sont sollicités pour la transformation du bâtiment d'angle, qui exige une complète réorganisation intérieure, et pour l'ajout d'un nouvel immeuble de rapport de style art déco qui sera édifié en 1931-32.
Il leur est imposé de conserver la façade de Pringiers de telle sorte qu'ils se contentent d'ajouter des balcons avec balustrades en fer forgé aux troisième et quatrième étages, et de surmonter le bâtiment d'une coupole
de verre.
Les principaux matériaux utilisés, marbre, verre et chrome, se confrontent les uns aux autres.
Brunfaut père et fils n'ont pas seulement conçu l'aménagement de l'immeuble, ils en ont aussi réalisé
la décoration et le mobilier, jusque dans les moindres détails (éclairage, boîtes aux lettres, clinches de porte).
Une partie du mobilier a pu être conservée jusqu'à nos jours, entre autres le bureau et le salon du directeur et différents meubles d'appoint.

La coupole en béton translucide du square de l’aviation


    Adresse : square de l’Aviation

A proximité de l'immeuble-phare de la Prévoyance sociale, se dresse un immeuble de rapport édifié en 1912 par la société d'assurances-vie "Constantia", récemment transformé et rénové par la Centrale générale
des Syndicats libéraux de Belgique. L'histoire de ce bâtiment est intimement liée à celle du verre et du béton translucide.
Au rez-de-chaussée, on peut relever la présence, invisible de la rue, d'une magnifique salle de réunion art déco, recouverte d'une coque en béton et dalles de verre colorées de forme hexagonale.
La salle elle-même comprend des soubassements en marbre veiné et une frise typique de l'art déco.
Dans les arcs de la frise, on remarque des branches de laurier et des amas de fruits exotiques et de fleurs.
Ce qui retient davantage l'attention, c'est la grande coupole qui la couvre entièrement, faite de béton percé de 13.000 pavés de verre circulaires, tantôt bleus, tantôt jaunes, oranges ou blancs, fabriqués par les ateliers du Val Saint-Lambert.
L'ouvrage est soutenu par de puissantes poutres en béton, visibles depuis l'étage ou par les fenêtres rectangulaires latérales.
Cette structure en béton translucide est unique en Belgique, et constitue un exemple exceptionnel
des expérimentations de cette technique de construction dans les années 20 et 30.

La grande écluse


    Adresse : Boulevard Poincaré, 77 - Restaurant «la grande écluse »

Pendant des siècles, la Senne a provoqué des inondations dont le hameau de Cureghem a particulièrement souffert.
Ainsi, lors de travaux de construction de la deuxième enceinte de Bruxelles, dans la seconde moitié du XIVe siècle, la ville tente de se prémunir des crues de la rivière en érigeant deux écluses, à l'entrée des deux bras de la Senne dans l'agglomération.
La grande écluse fait donc partie, depuis le XIVe siècle, des remparts de la ville. Lors des crues, on la fermait et grâce à ce cours d'eau qui contournait les remparts, l'eau rejoignait la Senne à sa sortie de la ville.
En mars 1807, la Ville de Bruxelles vend le bâtiment à charge pour l'acheteur de le démolir.
C'est l'architecte Auguste Payen qui la rachète le 24 février 1808 et fait raser l'édifice, à l'exception de la voûte du rez-de-chaussée et trois fenêtres rectangulaires à l'étage.
Les travaux de démolition des remparts décidés par décret napoléonien en 1810, s'achèvent en 1840, date de construction d'un nouveau bâtiment au centre du boulevard de la Ceinture qui vient prendre appui sur les fondations de la grande écluse.
Le nouveau bâtiment de 1840 est conçu par Payen.
Deux inondations spectaculaires surviennent en 1850 et en 1866, année où plus de 3000 Bruxellois meurent d'une épidémie de choléra.
La Senne, insalubre, est désignée comme la principale responsable.
Les travaux d'assainissement, déjà à l'étude depuis de nombreuses années, sont rapidement mis en chantier.
Le voûtement est réalisé sous forme de deux arches en briques flanquées de deux grands égouts collecteurs entre la nouvelle gare du Midi et le boulevard d'Anvers, sur une distance de deux kilomètres.
Au-dessus du voûtement proprement dit, sont réalisés les grands boulevards du centre-ville qui sont bordés de somptueux immeubles destinés à attirer la bourgeoisie aisée.
En 1865, un projet d'agrandissement de la grande écluse, lié au projet du voûtement, est étudié et aboutit
à la conclusion qu'il vaut mieux démolir l'édifice en place et le reconstruire en l'alignant au boulevard, sur le site que
la grande écluse occupe aujourd'hui.
C'est l'architecte Léon Suys qui signe les plans du nouveau bâtiment dont la ressemblance avec celui de Payen est frappante.
La façade principale est d'ailleurs reconstruite quasi à l'identique avec des matériaux du bâtiment de 1840.
Le bâtiment abrite une technologie très performante pour l'époque : l'eau s'écoule sous l'édifice dans deux canalisations de 6,10m de large et 4,50m de haut.
Le débit de la rivière est réglé par des cylindres hydrauliques qui commandent les portes de l'écluse.
Dès sa mise en œuvre, le premier voûtement de la Senne s'avère inefficace pour les Communes situées en amont et en aval, où les inondations restent fréquentes.
Des travaux ont donc lieu, à partir de 1931, pour dévier le cours de la Senne vers l'extérieur du pentagone bruxellois.
La grande écluse n'exerce, dès lors, plus sa fonction.
Classée comme monument le 22 février 1984, la grande écluse sombre dans l'oubli et le bâtiment se dégrade dangereusement.
En 1992, les architectes Vincent Nève et Jos Vandenbreeden, à la demande de la Ville de Bruxelles (propriétaire du bâtiment), réalisent des plans de restauration de l'édifice et font remettre en état
les mécanismes des pistons.
Ils installent également une mezzanine dans le volume intérieur pour y recevoir un restaurant.

Ecoles


L'essor démographique entre 1860 et 1880 amène la Commune à mettre sur pied une politique active de construction de bâtiments scolaires.

Le premier exemple d'architecture scolaire monumentale à Anderlecht est l'école, située rue Wayez, 56 et édifiée vers 1880. On la doit à l'architecte de la maison communale et de la flèche néo-gothique de la collégiale des Saints Pierre et Guidon, Jules-Jacques Van Ysendijck.
L'école située rue Ropsy-Chaudron, 7 est également datée de cette époque (1888).
Construite sur les plans de l'architecte Hansotte, elle reflète les innovations techniques propres aux grands bâtiments scolaires de cette fin du XIXe siècle : la galerie à l'étage faisant le pourtour du préau, les charpentes métalliques, les escaliers latéraux.
Ce bâtiment baptisé Curo-hall est devenu un centre communautaire et interculturel. Il accueille en permanence plusieurs associations disposant ainsi d’un local pour y développer leurs activités.

La majorité des écoles communales d'Anderlecht sont signées de la griffe de. En 1887, Louis Ernest S'Jonghers (1886-1931) entre comme dessinateur-architecte au service des travaux publics de l'Administration communale. Il devient l'architecte communal en titre.
Auteur des plans du superbe bâtiment de la Justice de Paix ainsi que de l'entrée monumentale du cimetière (l’entrée de l’actuel parc forestier), il prend rapidement en charge la conception de toutes les écoles communales.
Les plus remarquables d'entre elles sont situées à Cureghem :

  • l’école primaire rue Odon, 22 (Les Tourterelles);
  • l’école primaire rue Eloy, 114 (Carrefour);
  • l’Institut Marius Renard rue G. Moreau, 107.

 

Le parc Astrid et le stade Vanden Stock (Royal Sporting Club Anderlecht)


Un peu d’histoire

En 1903, la veuve Ruelens-Lefèvre fait offre à l’Administration communale de lui racheter sa propriété.
Il s’agit d’une vaste maison de campagne, dotée d’un vaste jardin de 3 hectares, qui subsistera jusqu’en 1986, et connue des Anderlechtois sous le nom de Maison des Artistes.

L’achat de la campagne Ruelens donne le coup d’envoi à la création du futur parc communal.
En 1905, une propriété voisine est également acquise par la Commune. La majorité communale décide officiellement de créer un nouveau quartier (le quartier du Meir) et d’y aménager un grand jardin public.
Si le Parc d’Anderlecht ou Parc du Meir est officiellement inauguré le 13 août 1911, des parcelles de terrain
lui seront ajoutées jusqu’en 1928.
Une politique d’acquisition par expropriation, cession et négociation à l’amiable permet à la Commune de maîtriser totalement les opérations foncières sur son territoire.
Le parc Astrid et la création du quartier du Meir constituent ainsi un champ d’expériences qui sera décisif pour l’avenir du reste de la Commune.

A leur suite, les cités-jardins connaissent un essor foudroyant, que ce soit la cité expérimentale de la Roue (1920-21), la cité de Moortebeek (1921) ou encore à celle du Bon Air (1923).
En 1926, le Collège échevinal confie à Jules Buyssens l’étude paysagère du nouveau parc du Meir.
Le relief assez vallonné et l’existence de l’étang, creusé après la guerre, incitent Buyssens à multiplier les vues plongeantes sur le plan d’eau, son île, sa végétation et sa faune.
Les arbres et arbustes son savamment disposés sur de larges pelouses ondulantes qui permettent d’offrir
des vues très changeantes sur les différentes scènes du parc.
Buyssens collabore pendant près de 20 ans à l’aménagement du parc.
Le parc Astrid ne sera jamais totalement achevé.

Le 29 août 1935, la Reine Astrid décède tragiquement dans un accident de voiture. L’Échevin Berrewaerts propose de donner le nom de la Reine Astrid au square de l’Avènement.
Après un échange de vues, le bourgmestre et les échevins, désireux de rendre un hommage à la mémoire
de la défunte, décident de substituer la dénomination de «Parc public Astrid» à celle de «Parc public du Meir».

Le football au Parc Astrid

La mise à disposition de terrains au parc Astrid au profit du Sporting Club remonte au 18 mai 1914.
Dès 1920, une première tribune en bois est édifiée à la plaine de football.
L’année 1935, date charnière pour le parc Astrid, l’est tout autant pour le R.S.C.A. qui devient une «société coopérative» et négocie un bail emphytéotique de 30 ans avec la Commune portant sur une superficie de quatre hectares.
Le club occupe déjà à cette époque près d’un tiers de la superficie totale du parc.
Le 30 avril 1946, le R.S.C.A. reçoit l’autorisation de procéder à des travaux d’agrandissement des installations du stade Émile Versé.
En 1969, les travaux de construction de la salle communale omnisports Henri Simonet débutent, ils s’achèveront en 1971.
Les années ‘80 sont marquées par plusieurs phases de modernisation du R.S.C.A. Le stade Émile Versé n’échappe pas à ces évolutions et devint le stade Vanden Stock.

Les cités-jardins


Un peu d’histoire

L'idée de cité-jardin provient d'Angleterre et de Hollande où l'on avait désengorgé les grandes villes en les entourant d'une couronne de quartiers autonomes.
L'idée est de créer, à la périphérie des agglomérations surpeuplées, des "villes-jardins" où règnent les principes de solidarité et d'égalité.
Les concepteurs des cités-jardins belges veulent s'opposer radicalement aux logements ouvriers urbains de l'époque industrielle et offrir un maximum de chances d'émancipation sociale à leurs habitants.
Si les cités-jardins bruxelloises sont considérées aujourd'hui comme des lieux d'habitation privilégiés, il ne faut pas oublier qu'à leur sortie de terre, il s'agissait de quartiers fort éloignés du Centre-ville et de tout moyen de communication.

Les cités-jardins à Anderlecht

Anderlecht est la commune bruxelloise qui compte le plus de cités-jardins.
La société du Foyer Anderlechtois, constituée en 1907, a joué un rôle moteur dans le développement des cités-jardins.
On dénombre trois cités-jardins à Anderlecht :
Les premiers logements construits par le Foyer Anderlechtois le sont à la cité-jardin de la Roue (quartier qui doit son nom à l’existence au début du siècle d’une roue de supplice), avec la création, en 1907-1908, des rues des Citoyens et des Colombophiles.La cité-jardin de Moortebeek (Moortebeek signifiant «ruisseau boueux»
est un nom qui a été porté par des petits seigneurs au XIIIe siècle).
En 1921, 120 coopérateurs fondèrent les Foyers collectifs et se proposèrent de créer un cité-jardin à Moortebeek.
Elle se compose de 330 maisons et 124 appartements offrant un toit à plus d’un millier de personnes.

La cité-jardin du Bon Air (le plateau sur lequel est construit cette cité étant jugé salubre entre tous on lui a attribué le nom de cité-jardin du Bon Air). La construction, par le Foyer anderlechtois, débuta en 1923.

La ferme d’Elishout

    Adresse : Avenue Emile Gryson

"Elishout" ou "bois des Aunes" est le nom original d'un bois appartenant autrefois à la puissante famille seigneuriale d'Aa. La majeure partie du bois d'Elishout a été donnée par les Aa à l'abbaye de Forest au début du XIVe siècle.
En effet, la ferme d'Elishout apparaît explicitement dans le patrimoine de l'abbaye en 1328, dont elle est déjà
un des principaux établissements.
Au centre de la cour se trouvait un colombier. L'habitation principale avait alors deux étages et, sur les côtés, s'échelonnaient les bâtiments de service, les granges et les écuries.
L'ensemble est entouré de fossés inondés et borde un petit bois.
Il semble que d'importants travaux aient eu lieu en 1682.
Si la ferme d'Elishout a été agrandie et réparée à plusieurs reprises, la situation actuelle des constructions
est bien celle que rappelle le millésime "1754" inscrit sur la façade de l'habitation.
Les bâtiments sont surélevés par rapport à la cour, sans doute pour éviter les inondations périodiques de
la Senne toute proche.
Sur le site a été reconstruit le four à pain, autrefois annexé à l’ancienne ferme historique Hof ter Biest,
où les seigneurs d’Aa avaient leur résidence après la cession du château d’Aa.
Englobée dans le site du CERIA, gérée jusqu'en 1994 par la Province du Brabant, la ferme appartient actuellement à la Commission communautaire flamande (V.G.C.).
Ce complexe reste un des meilleurs exemples de ce que pouvaient être les grandes fermes d'abbaye
des environs de Bruxelles.

Le patrimoine industriel du canal de Charleroi


Les grandes brasseries vont s'implanter préférentiellement le long du canal, par où sont acheminées
les céréales nécessaires à la fabrication de la bière.
Il en est ainsi de la brasserie Saint-Guidon, édifiée à partir de 1912, à proximité du canal, rue du Libre Examen – rue de l'Aiguille, qui prendra le nom de "Brasserie Atlas" en 1924.
Des meuneries s'installent aussi sur les bords du canal, lequel permet d'acheminer le grain à la meunerie.
La meunerie Moulart est édifiée en 1903, et sera complétée d'un second bâtiment en 1940.
Enfin, diverses industries dépendant de l'approvisionnement en charbon s'implantent le long de la voie d'eau.
Il en est ainsi de la centrale électrique construite par la Société des tramways bruxellois en 1903 également.
Ces trois bâtiments, aujourd'hui protégés par la législation sur les monuments et sites, sont des témoignages remarquables des anciennes activités de type industriel suscitées par la présence du canal de Charleroi.

La brasserie Atlas

    Adresse : Rue de la Poudrière, 60

C'est à l'emplacement dit "Petit-Moulin"; dont l'existence est attestée depuis le XIVe siècle, au lieu-dit "Op-Cureghem » qu'est construite, dès 1912, la brasserie Saint-Guidon.
C'est dans ce quartier de la rue du Libre Examen que va se centraliser, à proximité immédiate du quai Demets, toute l'activité liée à la fabrication de la bière : brasseries, flaconneries, fabriques d'appareils pour brasseries.
De 1912 datent les salles de brassage et de fermentation ainsi que les caves de garde.
Plusieurs cuves, en fer ou en béton, sont encore présentes au premier étage.
En 1924, toute une série d'annexes sont construites : les écuries et les bureaux, la sellerie, les salles de rinçage et de soutirage.
Les façades des bureaux et des écuries sont visibles rue du Libre Examen dont elles occupent pratiquement tout un côté.
Elles se distinguent par leur raffinement tant à cause de leur élaboration harmonieuse que de la richesse
des matériaux utilisés.
C'est en 1926 qu'est édifiée la tour de fabrication de la bière de 30 mètres de haut, qui est visible de très loin dans le quartier, mais aussi des berges du canal ou du pont de Cureghem.
Cette "tour" est un excellent témoignage de la récupération de l'aspect publicitaire du style art déco par l'industrie, mais aussi un exemple exceptionnel d'une technique de construction (l'ossature en béton avec remplissage de briques) associée à un nouveau processus de fabrication de la bière dit "à cascade", où chacun des sept étages de la tour correspond à une étape de cette fabrication.
L'activité de brassage s'est arrêtée en 1952, mais la bière Atlas a continué à être produite jusqu'en 1980
par la brasserie de Haecht, qui a utilisé les bâtiments d'Anderlecht comme dépôt de bouteilles de casiers.
Il y a quelques années, la brasserie Atlas a été rachetée par la communauté Emmaüs (asbl "La Poudrière"),
qui occupe les bâtiments.

L'ancienne Meunerie Moulart

    Adresse : Quai Fernand Demets

C'est en 1903 que le premier bâtiment de la meunerie de la firme Moulart est construit au 23 du quai Demets par Léon Moulart, en remplacement d'une minoterie installée rue Bara.
Ce déplacement correspondait à une volonté d'agrandissement et de modernisation des installations, mais visait également à profiter des avantages qu'offraient le canal et le chemin de fer pour le transport du grain et
du charbon.
A son apogée, dans les années 1930-1940, cette meunerie à cylindre occupait une trentaine de personnes et fonctionnait 24 heures sur 24, six jours par semaine. Elle produisait chaque jour environ 80 tonnes de farine, destinées pour l'essentiel à des boulangeries.
En 1940, l'architecte Max Manfroid complète le site d'un bâtiment plus petit, mais fort similaire.
Les façades des deux bâtiments ont un aspect identique.
La meunerie Moulart est l'une des trois meuneries dont les bâtiments subsistent à Bruxelles.
La meunerie cessa ses activités en 1955 lorsque les propriétaires, incapables d'affronter la concurrence des grandes minoteries implantées le long du canal maritime, profitèrent d'une prime à la fermeture offerte par le gouvernement.
Utilisés dans le secteur de la confiserie jusqu'à la fin des années '80, les bâtiments servent actuellement de dépôts
de pneus.

La centrale électrique

C'est en 1903 que la société des Tramways bruxellois fait construire une grande usine à usage de centrale électrique au 33 du quai Demets.
La centrale d'Ixelles ne suffit plus à l'alimentation électrique du réseau de trams dont l'électrification avait débuté en 1894 grâce à la première usine rue Brogniez, à Anderlecht.
Il s’agit, pour l'époque, une centrale particulièrement moderne et performante. Elle correspond à la consécration de l'énergie électrique que l'on marque par des bâtiments monumentaux, d'une très grande qualité technique et architecturale pour signifier le progrès et l'avenir.
Le site comprend plusieurs immeubles dont la plupart ont été conservés : l'ancienne centrale, les silos à charbon, la cour pavée, la maison de direction, un escalier monumental surmonté d'une très belle balustrade de pierre.
La centrale est implantée au bord du canal pour l'approvisionnement en charbon; en outre, le canal fournissait l'eau nécessaire à la condensation de la vapeur après son utilisation. Elle longe le talus de chemin de fer venant de Schaerbeek qui acheminait du charbon et du bétail aux abattoirs d'Anderlecht, de l'autre côté du canal.
Sa disposition entre les principaux bâtiments, sa majesté et sa qualité donnent au site une ampleur peu Commune.
L'ancienne centrale sert aujourd'hui à l'entretien des rails et des aiguillages du réseau de la S.T.I.B.